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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ da PRATA

Un film de Pierre Piccinin da Prata et d'Anass El Azhar Idrissi

 

Deux heures de film, haletant, passionnant, des images inédites filmées au coeur des combats et au péril de la vie d'un journaliste engagé...

La révolution syrienne a commencé en mars 2011.

D'abord divisée, la population syrienne a massivement rejoint la contestation du régime dictatorial du parti Baath au pouvoir lorsque, en mai 2012, ont eu lieu les « élections libres » annoncées par le président Bashar al-Assad.

La promesse faite à son peuple par le jeune chef d’État syrien, dans lequel beaucoup avaient placé leur confiance, n’a pas été tenue.

Rapidement, les manifestations pacifiques, durement réprimées par le régime, se sont muées en une révolution armée. Les révolutionnaires ont été encadrés par des officiers supérieurs dissidents : l’Armée syrienne libre (ASL) était née.

Le 17 juillet 2012, l’ASL lançait une grande offensive à Damas et, le 21, une autre, à Alep. La bataille d’Alep commençait.

Ce film-documentaire n’a pas la prétention de retracer l’historique de cette bataille.

Il s’agit pour ses auteurs d’évoquer une ville en guerre, devenue le symbole de la révolution syrienne.

Par des images et les voix des protagonistes, filmés par Pierre Piccinin da Prata lors de différents reportages qu’il réalisa à leur côté, le film conserve les mémoires de ces hommes et de leur ville, pour que ne disparaissent pas tout à fait, sous les ruines, le fantôme de leurs espérances défuntes…

 

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Plus d'info : ALEP - Mémoires d'une ville en guerre (L'Harmattan Vidéos)

 

FILM (DVD) - Alep, mémoires d'une ville en guerre

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA

La Bataille d'Alep, Chroniques de la révolution syrienne

Un documentaire de Pierre Piccinin da Prata et d'Edouardo Ramos Chalen

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
TURQUIE – Au pays des coups d’État…

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Décembre 2016

 

Le 15 juillet 2016, une partie des forces armées turques tentait de s’emparer du pouvoir.

La question toujours en suspend : que voulaient les militaires ? Quelles étaient leurs intentions ? Quelles motivations ont-elles animé les putschistes, au point que des ordres avaient été donnés d’ouvrir le feu sur les civils si ces derniers opposaient une résistance au déploiement des troupes dans les rues ?

Jusqu’à présent, aucun procès public des militaires impliqués dans le putsch manqué n’a encore eu lieu, qui aurait pu leur servir de tribune et à exprimer les raisons de leur intervention à l’encontre du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Cela dit, l’hypothèse d’une réaction kémaliste semble tenir la route.

Retour sur un demi-siècle d’histoire de la république turque et autopsie des coups d’État qui ont marqué le destin de la Turquie moderne…

 

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
IRAN – «Ouverture» en trompe-l’œil…

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Décembre 2016

 

Il n’y a plus une seule chambre d’hôtel libre à Téhéran.

L’Iran, en quelques mois, est devenu le meilleur ami des multinationales occidentales, le « nouvel Eldorado », comme ont titré la plupart des médias de l’Ouest : « L’Iran s’ouvre au monde. L’ère Ahmadinejad, c’est du passé ! »

Une ouverture en trompe-l’œil et un passé encore bel et bien présent… qui ne laissent pas dupe les observateurs de terrain et déconcerteraient certainement les éditorialistes trop prompts, une fois encore, à caricaturer des faits qu’ils déforment en toute bonne foi, au prisme de leurs outils d’analyse inadaptés à des étants politiques qui ne correspondent pas à ceux qui prévalent chez eux ; à triturer les « événements » au moulinet de leur inculture sociologique ; et à catégoriser de force des réalités dont ils corrompent l’image en les couvrant d’étiquettes au lexique fabuleux généré par leur imagination exubérante.

Ainsi, l’élection d’Hassan Rohani (juin 2013), puis l’accord sur le nucléaire iranien au terme de douze années de négociations (juillet-janvier 2016) et, ensuite, la « victoire » des « modérés » aux élections parlementaires (avril 2016) ont bluffé la sphère médiatique qui s’est comme d’ordinaire empressée de procurer à l’opinion sa dose de virtualité instantanée sans prendre la peine d’approfondir le sujet et d’aller voir « sur place », une démarche saine et qui fut un jour « normale », dans le monde aujourd’hui dévoyé du « journalisme », et qui, si elle avait été mise en œuvre dans ce cas précis, aurait sans aucun doute laissé à chacun percevoir, derrière les « événements », derrière les choix sémantiques, que, au pays des ayatollahs, la vérité est ailleurs.

En effet… Si l’Iran s’ouvre désormais aux investissements étrangers dont les représentants se pressent en nombre pour ne pas être en retard alors qu’on se partage le grand gâteau si longtemps tenu à l’écart de leurs dents acérées, si les hôtels de Téhéran et des grandes villes du pays se remplissent d’hommes d’affaires et de touristes qui débarquent chaque jours en masse au point que les guichets d’octroi des visas, dont les employés s’étaient depuis plus d’une décennie déshabitués de tels arrivages, s’engorgent de files d’attente de plusieurs heures parfois, donnant le sentiment premier que, par un vaste et impressionnant tour de magie, la république islamique a du tout au tout changé de visage et de contenu politique et sociétal, c’est paradoxalement (mais un paradoxe a priori seulement) tout le contraire qui se produit, en matière de libertés individuelles en tout cas, et ceux que l’on a très légèrement étiquetés « modérés » révèlent, plus exactement, une nature de « réactionnaires pragmatiques ».

Il suffit, pour s’en convaincre, de se balader dans les rues de Téhéran, pour en capter l’ambiance et en humer la substance sociopolitique : je me souviens, il y a quelques mois encore, comme il était aisé d’aborder les gens dans la rue, les jeunes surtout, avides de contacts avec les étrangers. Et ce même dans les semaines qui avaient suivi la « révolution verte », période durant laquelle, pourtant, le régime demeurait aux abois... L’accueil est en effet un trait assez saillant de la culture sociale populaire iranienne ; et il suffisait de se promener sur une place, de s’asseoir dans un parc ou de traîner un peu à la sortie d’une université pour être soi-même approché par des étudiants. Dorénavant, les visages sont fermés et les gens sont inquiets d’être vus en rue avec un étranger, alors même qu’il s’agirait simplement de lui indiquer le chemin.

Les gens se sentent beaucoup plus surveillés (et ils le sont effectivement) ; une surveillance qui concerne en premier lieu leurs relations avec les étrangers de plus en plus nombreux dans le pays. Mais pas seulement…

 

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
ISLAM – Soufisme – Entretien (5/5) : «Les Musulmans ne détiennent pas la vérité absolue»

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Décembre 2016

 

Dans ses éditions précédentes, Le Courrier du Maghreb et de l’Orient a donné la parole aux islamistes fondamentalistes, aux Salafistes, partisans d’une lecture littérale du Coran et d’un « Islam authentique ».

Ces différents entretiens ont suscité de très nombreuses réactions au sein de la communauté des Musulmans « modérés », et dans le milieu du Soufisme notamment, très opposé aux thèses salafistes et à leur lecture d’un Coran qui, notamment, autoriserait la violence (le djihad armé) comme moyen licite de promouvoir et de répandre l’Islam.

Pour en débattre, Pierre Piccinin da Prata a engagé le dialogue avec Saïd Djabelkhir, journaliste algérien, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du Soufisme.

Cinquième et dernière partie de cet entretien, dont le premier volet a été publié dans l’édition de juillet-août 2016 du Courrier du Maghreb et de l’Orient.

 

PPdP – Les « modérés » affirment qu’il n’y a « pas de contrainte en religion »… Ils se réfèrent au verset 256 de la deuxième sourate. Mais le verset complet dit : « Nulle contrainte en religion, car le bon chemin est distinct de l’égarement. » Aussi, prend-il un tout autre sens : l’Islam s’impose par lui-même et est la seule voie possible, car les autres chemins mènent à l’égarement. Et le Coran dit en effet, à l’intention de ceux qui rejettent leur religion : « Dieu ne leur pardonnera pas. » (Coran, IV, 113) ; « La colère divine s’abattra sur eux. » (Coran, XVI, 106) ; et « Ils demeureront éternellement dans le feu. » (Coran, II, 217). Selon un hadith rapporté par Ibn Abbas, le Prophète se montrait inflexible envers ceux qui abandonnaient l’Islam ; il a dit : « Celui qui délaisse sa religion, qu’on le tue. »

S. DJABELKHIRLe verset que vous avez cité (Coran, II, 256) n’impose rien du tout ; bien au contraire, il ouvre la voie vers la liberté de conscience et de penser. Il indique que l’homme est capable de discerner ce qui est bon pour lui de ce qui est mauvais. C’est vrai qu’il propose de croire en Dieu, mais il n’impose rien.

Ce verset propose aux hommes de croire, comme tout bon vendeur peut vous proposer sa marchandise, il ne vous impose rien. Il se trouve que le « bon chemin » est un espace très vaste qui ne contient pas que le message de Mohamed. En effet, le mot « islam » dans le Coran est très vaste. Il ne désigne pas que le message de Mohamed ; il désigne toutes les religions, doctrines et idées qui existent depuis que l’homme a commencé à produire des idées, et qui versent dans le bien de l’homme. En gros, toute idée, religion ou dogme, qui prône la paix et le progrès de l’homme, est contenue dans le mot « islam » qui lui-même, comme je l’ai déjà expliqué, veut dire « faire la paix » et « donner la paix ».

Le Coran dit explicitement qu’il y a d’autres messages plus anciens que celui de Mohamed, dans le mot « islam » : « Etiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à ses fils : ‘Qu’adorerez-vous après moi ?’ Ils répondirent : ...

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
EDITORIAL – Vendue à Bashar par Erdogan, Alep est tombée…

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Décembre 2016

 

Vendue à Bashar par Erdogan, Alep est tombée… Ou a été libérée… C’est selon.

Une simple question de vocabulaire, qui ne change rien au fait que Bashar al-Assad et le gouvernement baathiste infirment de plus en plus clairement les prédictions que maints analystes avaient produites dès le début du « printemps syrien », en mars 2011, et, à l’inverse, confirment celles des quelques professionnels du terrain qui avaient pu estimer, à l’aune de leurs observations, que le régime avait devant lui de longues années encore à survivre.

Probablement le gouvernorat d’Idlib sera-t-il la prochaine étape de la « reconquête ».

C’est, mise à part la région d’ar-Raqqa (toujours aux mains de l’État islamique), le dernier bastion de l’opposition au régime (en fait, du Front al-Nosra, pour l’essentiel), la dernière zone sérieusement défendue par les rebelles et qui pourrait produire une résistance farouche à la progression de l’armée syrienne et de ses alliés russes, iraniens et chiites de tout poil.

Une fois que ce bastion sera tombé lui aussi...

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Sold by Erdogan to Bashar, Aleppo has fallen … or has been liberated… depending on the perspective.

A simple question of vocabulary, that does not change the fact that Bashar al-Assad and the Baathist government contradict the predictions, which most analysts had made since the beginning of the “Syrian spring”, in March 2011, more and more clearly – whilst those of some professionals on the ground, who had suggested that the regime still had many years of rule ahead, are confirmed.

Probably the Idlib governorate will be the next step of the re-conquest.

It is, apart from the region of ar-Raqqa (still at the hands of the Islamic State), the last bastion of opposition to the regime (mainly the al-Nosra Front), the last zone that is seriously defended by the rebels and which could fiercely resist the advance of the Syrian army and its Russian, Iranian and Shi’a allies.

Once this bastion will have fallen too...

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حلب التي باعها أردوغان لبشار الأسد سقطت أم تحررت ... كل يستخدم الكلمة التي تناسب موقفه من الحرب في سورية

إنها مسألة مفردات لا أكثر ولا تغير شيئاً من حقيقة أن بشار الأسد وحكومته البعثية يثبتون خطأ التوقعات التي صدرت عن كثير من المحللين منذ بداية ما يسمى بالربيع السوري في العام 2011. لكن من ناحية ثانية يؤكدون دقة تنبؤات بعض محترفي العمل على الأرض والذين قدروا منذ البداية أن النظام السوري باقٍ ولفترة طويلة

من المحتمل أنه سيتم استرجاع محافظة إدلب في المرحلة القادمة. باستثناء إقليم الرقة الخاضع لسيطرة تنظيم الدولة الإسلامية، فإن إدلب هي المعقل الأخير للمعارضة المُكونة أساساً من جبهة النصرة ولذلك من الممكن أنها ستُقاوم مقاومة ضارية من أجل منع تقدم الجيش السوري وحلفائه الروس والإيرانيين والشيعة عموماً.

وعندما سيسقط هذا المعقل ، وهو سيسقط بالتأكيد كما كان عليه الحال في حمص وحلب ، إنها مسألة وقت لا أكثر، عندها ستكون »سورية المفيدة« بالكامل تقريباً تحت سيطرة حكومة دمشق التي ستنظف هذه المناطق من جيوب المقاتلين الإسلاميين بفئاتهم المتنوعة ومن ما تبقى ممن تحالفوا معهم من الجيش السوري الحر سواء بشكل طوعي أو بالإكراه.

يبقى إذن القضية الكردية...ماذا سيفعل النظام السوري لمواجهة المطالب الإستقلالية لثلاث كانتونات كردية في شمال البلاد؟ يسيطر الأكراد بالتدريج، وهم اليوم حلفاء موضوعيون للنظام في مواجهة تنظيم الدولة الإسلامية وإسلاميي جبهة النصرة وما تبقى من الجيش السوري الحر المدعوم والمُستخدم كأداة من قِبل أنقرة، على الأقاليم التي طالبوا بها مسبقاً ويصنعون فيها كردستانهم الصغير الذي حلموا به منذ مئة عام ، هذا الحلم لم يكن ممكناً تحقيقه بدون الاضطرابات المتعاقبة التي سببها ما سمي الربيع العربي.

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
SYRIE – Qui se bat à Alep ?

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Novembre 2016

 

C’est la question cruciale à laquelle tous les analystes tentent de répondre. Une question difficile, car plus aucun observateur neutre n’est actuellement présent dans la cité assiégée.

Toutefois, fort de son réseau de correspondants à travers tout le Moyen-Orient et en Syrie notamment, Le Courrier du Maghreb et de l’Orient propose d’essayer de se rapprocher de la réalité et de définir avec autant de précision que possible qui sont exactement les protagonistes qui s’affrontent encore à Alep, dans la ville, stricto sensu, mais aussi dans le gouvernorat du même nom.

La question est déterminante.

En effet, pour le régime de Bashar al-Assad et ses alliés, la Russie et, très impliquée mais plus discrète, l’Iran, seules des factions djihadistes occupent encore le poumon économique de la Syrie ; ainsi Damas et Moscou justifient-ils les bombardements massifs qui ravagent la cité, reprenant à leur compte la rhétorique occidentale sur la thématique de la « guerre contre le terrorisme ».

Pour la Coalition internationale, menée par les États-Unis, et pour le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdoğan et leurs alliés de l’opposition syrienne, il s’agit, chacun ayant ses propres motivations pour l’affirmer, de « rebelles », révolutionnaires anti-régime, qui se battent pour la liberté.

Précisions et décryptage…

Côté « rebelles »…

Lorsque la bataille d’Alep a commencé, le 21 juillet 2012, l’essentiel des forces rebelles était constitué des milices de l’Armée syrienne libre (ASL). Il s’agissait de citoyens qui avaient pris les armes, encadrés très souvent par des officiers de l’armée régulière qui avaient abandonné le régime.

À côté de l’ASL, laïque et dont l’objectif était l’instauration en Syrie d’un état démocratique, plusieurs milices à caractère plus ou moins islamiste se sont rapidement manifestées, dont les effectifs ne représentaient toutefois qu’un très faible pourcentage des combattants hostiles au régime, à l’exception cependant de deux formations, Jabhet al-Nosra (le Front al-Nosra, un mouvement proprement syrien qui a accueilli en son sein un petit nombre de combattants étrangers, mais en aucun cas dans les proportions que l’on connaît en ce qui concerne l’État islamique), organisation mieux structurée et davantage présente sur le terrain ; et Liwa al-Towheed, mouvance à coloration islamiste, mais en réalité très modérée et dont la rhétorique islamiste procédait surtout de la foi omniprésente dans les milieux populaires propres à Alep et à sa région, dont ses effectifs étaient issus.

Très vite, cela dit, l’ASL a perdu le gros de ses effectifs, qui ont rejoint les rangs de Jabhet al-Nosra.

En effet, l’ASL n’a pas reçu le soutien que ses chefs étaient convaincus de recevoir des États-Unis et de l’Union européenne (espérant même une intervention identique à celle qui avait eu lieu en Libye) ; et les combattants de l’Armée libre se sont ralliés au Front al-Nosra, qui était quant à lui financé par les monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït et Qatar principalement) et disposait de l’armement et de la logistique nécessaires à la poursuite des combats.

Si les observateurs absents du terrain syrien ont abusivement catégorisé Jabhet al-Nosra sous l’étiquette de « branche syrienne d’al-Qaeda » -et bien que le chef du mouvement, Abou Mohammed al-Joulani, ait prêté allégeance à al-Qaeda-, le Front al-Nosra se présentait plus exactement, initialement, comme une nébuleuse de milices plus ou moins en relation les unes avec les autres, dont certaines étaient effectivement d’obédience salafiste, parfois très intégristes, mais dont la plupart se composaient de jeunes Syriens désireux d’en découdre avec le régime et qui n’avaient adhéré à ce mouvement pour d’autre raison que celle de bénéficier des moyens militaires dont il disposait. Qu’il y ait eu par la suite une islamisation des combattants de ces brigades, c’est certain ; mais elle a été très relative en fonction des brigades elles-mêmes et des hommes qui les composaient…

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
ISLAM – Soufisme – Entretien (4/5) : «L’Islam est une spiritualité laïque»

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Novembre 2016

 

Dans ses éditions précédentes, Le Courrier du Maghreb et de l’Orient a donné la parole aux islamistes fondamentalistes, aux Salafistes, partisans d’une lecture littérale du Coran et d’un « Islam authentique ».

Ces différents entretiens ont suscité de très nombreuses réactions au sein de la communauté des Musulmans « modérés », et dans le milieu du Soufisme notamment, très opposé aux thèses salafistes et à leur lecture d’un Coran qui, notamment, autoriserait la violence (le djihad armé) comme moyen licite de promouvoir et de répandre l’Islam.

Pour en débattre, Pierre Piccinin da Prata a engagé le dialogue avec Saïd Djabelkhir, journaliste algérien, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du Soufisme.

Quatrième partie de cet entretien, dont le premier volet a été publié dans l’édition de juillet-août 2016 du Courrier du Maghreb et de l’Orient.

 

PPdP – Vous avez affirmé que toutes les religions sont pacifiques. Je connais nombre de religions qui n’ont rien de pacifique ; certaines sont même éminemment guerrières. Les exemples ne manquent pas dans l’histoire de l’humanité… Si le Christianisme appelle en effet à la paix et au sacrifice de soi pour la foi, à perdre sa vie, en refusant de combattre, pour la sauver dans l’au-delà, c’est une rareté en la matière et, en revanche, le Judaïsme, par exemple, est sans pitié envers les peuples qui se trouvent sur son chemin, et l’Ancien Testament pullule d’occurrences où Dieu a ordonné la destruction de populations entières, passées par les armes.

Quant à l’Islam, le Prophète lui-même et les premiers Califes immédiatement après lui ont fait la guerre et conquis des peuples, dans le but déclaré de répandre l’Islam. Et le Coran est ponctué de versets martiaux (je pourrais ainsi en mentionner tout autant que ceux que vous avez cités relatifs à la paix). Certes, l’argument souvent avancé par les Musulmans « modérés » qui s’opposent à la pratique du djihad armé, c’est qu’il ne s’agissait pas de guerre de conquêtes, mais de guerre défensives… Mais soyons sérieux : en un peu plus d’un siècle seulement, entre 622 et 732, les Musulmans avaient déjà conquis un empire qui s’étendait de la péninsule arabique à la péninsule ibérique et avaient même tenté d’envahir le royaume des Francs… Faire la guerre pour promouvoir l’Islam ne semblait donc pas être un problème pour le Prophète Mohamed et ses successeurs, les Commandeurs des Croyants (califes « bien guidés », comme vous l’avez précisé), ni pour les oulémas de l’époque qui justifiaient toutes ces démonstrations guerrières.

N’est-il pas dès lors un peu étrange et audacieux d’affirmer sans autre forme de procès que, « dans le contexte actuel », tous les versets qui appellent à la guerre doivent être considérés comme obsolètes, tandis que ceux qui appellent à la paix sont parfaitement d’actualité ?

S. DJABELKHIR - Tous les textes religieux qui appellent à la guerre, à l’hégémonie, à l’expansionnisme et à l’anéantissement d’autrui sont en général des textes fabriqués de toutes pièces par les rabbins, juristes et autres oulémas dont les intérêts se croisent avec ceux des pouvoirs en place.

Toutes les guerres ordonnées ou menées par le Prophète Mohamed étaient des guerres défensives. Je vous défie de trouver un seul exemple d’une guerre offensive qui a été ordonnée ou menée par Mohamed.

Le Prophète n’est pas responsable du détournement de l’Islam après son décès, de même qu'il n'est pas responsable des politiques expansionnistes hégémoniques menées par...

 

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
EDITORIAL - Trump, Fillon, la Syrie, Bashar, Alep?

 

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Novembre 2016

 

Trump, Fillon, la Syrie, Bashar, Alep ? Quel est le point commun ?

L’arrogance irréductible des médias dominants, des mainstreams, des faiseurs d’opinion qui pullulent au sein des rédactions.

Ceux-là même qui avaient annoncé l’avènement de la démocratie en Libye, au Yémen, en Égypte… Et qui, à grand renfort de « Poutine-bashing », s’évertuent au politiquement correct à qui mieux-mieux.

Qui avaient annoncé la défaite de Donald Trump aux élections présidentielles états-uniennes ; la victoire d’Alain Juppé aux primaires de la droite, en France ; qu’une lame de fond populaire allait emporter la dictature en Syrie, à l’instar de la révolution en Tunisie ; que Bashar al-Assad tomberait en quelques semaines, en quelques mois au plus ; que les rebelles résisteraient à Alep… et que le « Printemps arabe » changerait le Monde.

Ceux-là, qui répondaient par l’invective et l’assassinat médiatique, en deux traits de plume, en deux « coups » de plume, aux observateurs plus avertis qui savaient que le régime syrien était solide et percevaient, à force de côtoyer les acteurs du terrain, sur le terrain, combien grand était le risque d’involution du conflit et d’expansion de l’Islam salafiste…

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Trump, Fillon, Syria, Bashar, Aleppo? What is the common point?

The irreducible arrogance of dominant media, mainstreams and opinion makers who crowd the newspapers.

It is them who had announced the coming of democracy in Libya, in Yemen, in Egypt… and whilst greatly enjoying Putin-bashing, they insist on the politically correct as if it were a greatly prized competition.

They had announced the defeat of Donald Trump in the US presidential election; the victory of Alain Juppé in the primaries of the French right; that a popular force would swipe away the dictatorship in Syria, as it did in Tunisia; that Bashar al-Assad would fall within few weeks and at most some months; that the rebels would resist in Aleppo… and that the ‘Arab spring’ would change the world.

They who responded by invective and media assassination, in a few lines of text, with two strikes of a pen, to those observers that were better informed and knew that the Syrian regime was solid, because they had contacts with the people on the ground, because they had been on the ground themselves, and therefore also knew of how great the risk was of involution of the conflict and of expansion of Salafist Islam…

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ترامب وفيون وسوريا وبشار وحلب؟ ما هي النقطة المشتركة بينهم؟

العجرفة الشديدة لوسائل الإعلام التقليدية ولصناع الرأي المُقحمين بكثرة في أوساط المحررين.

هؤلاء الذين أعلنوا قيام الديمقراطية في ليبيا واليمن ومصر والذين يشنون هجوماً إعلامياً متواصلاً على فلاديمير بوتين

هؤلاء الذين أعلنوا هزيمة دونالد ترامب في الإنتخابات الرئاسية الأمريكية، وفوز آلان جوبيه في الإنتخابات التمهيدية لليمين الفرنسي، وكذلك موجة تسونامي شعبية تطيح بالدكتاتور في سوريا على غرار الثورة في تونس، وأن بشار الأسد سيسقط في غضون أسابيع أو أشهر على أبعد حد وأن المتمردين سيقاومون في حلب وأن ما سمي بالربيع العربي سيغير العالم.

هؤلاء الذين أجابوا بالقدح والإساءة وبالإغتيال الإعلامي للإعلاميين المخضرمين الذين عرفوا أن النظام السوري متماسك والذين أدركوا من خلال قربهم من الفاعلين على الأرض إلى أي مدى كان خطر ارتداد الصراع  قائماً  وكذلك خطر توسع الإسلام السلفي.

هؤلاء وبعد أن أخطأوا كثيراً تظاهروا بمظهر من يحاول إجراء النقد الذاتي ومن يقوم بجلد الذات، وكتبوا في صفحهم أنهم سيحاولوا أن يكونوا أكثر حذراً في المرات المقبلة  لكن ذلك لم يستمر أكثر من أسبوع.

هؤلاء الذين عادوا إلى طبيعتهم المتغطرسة وإلى استخدام الأساليب القديمة وكأن شيئاً لم يحدث!

هؤلاء الذين يحتلون شاشات التلفزة بدون منازع ويتابعون احتكار الميكرفونات كخبراء ويغزون أعمدة الصحف بدون اي تأنيب للضمير.

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Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
Islam – Soufisme - Entretien (3/5) : "Les Musulmans sont en déphasage par rapport à l'humanité"
    
(Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, octobre 2016) 
        
 

     

Dans ses éditions précédentes, Le Courrier du Maghreb et de l’Orient a donné la parole aux islamistes fondamentalistes, aux Salafistes, partisans d’une lecture littérale du Coran et d’un « Islam authentique ».

Ces différents entretiens ont suscité de très nombreuses réactions au sein de la communauté des Musulmans « modérés », et dans le milieu du Soufisme notamment, très opposé aux thèses salafistes et à leur lecture d’un Coran qui, notamment, autoriserait la violence (le djihad armé) comme moyen licite de promouvoir et de répandre l’Islam.

Pour en débattre, Pierre Piccinin da Prata a engagé le dialogue avec Saïd Djabelkhir, journaliste algérien, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du Soufisme.

Troisième partie de cet entretien, dont le premier volet a été publié dans l’édition de juillet-août 2016 du Courrier du Maghreb et de l’Orient.

 

PPdP – « Le Coran ‘parle’ à travers nous, pas à travers Dieu. » Ne serait-ce pas plutôt que Dieu nous a parlé directement, au Prophète du moins, qui nous a fidèlement transmis le message, lequel a été consigné dans le Coran ? Décidément, les Salafistes me semblent faire preuve d’une rigueur et d’une logique plus exactes au regard du Coran ; et ce tant en ce qui concerne le processus de transmission du message qu’en ce qui concerne la mise en œuvre de  ce qu’il prescrit… Et j’insiste à mon tour : si les doctrines se heurtent et s’entrechoquent, ce n’est pas parce que le Coran est ésotérique ou serait imprécis, mais parce que d’aucuns, pour des raisons diverses et nombreuses (souvent politiques ou économiques et peu avouables), ont voulu lui faire dire ce qu’il ne dit pas, au-delà du sens simple et intelligible du message délivré. Il en va de même de toutes les religions, de la loi de Moïse, qui est d’une limpidité exemplaire, ou du message de Jésus-Christ, que des clercs ont trituré dans tous les sens pour justifier l’injustifiable, comme par exemple saint Augustin, la « guerre juste »…

Si je puis reformuler ainsi ma question : l’idjtihad ne doit pas être imposé au Coran pour adapter la parole de Dieu à la société comme elle va ; ce devrait être le contraire : ce devrait être la société qui devrait subir une forme d’idjtihad, pour devenir conforme à la loi de Dieu… Si je prends l’exemple de la prière… Le respect des cinq prières quotidiennes est une des règles fondamentales de l’Islam. Le Coran ne présente aucune ambiguïté à ce propos (pas plus qu’en ce qui concerne le châtiment réservé par Dieu aux voleurs… par exemple… la main coupée…). Pourtant, nombreux sont les Musulmans « modérés » qui ne respectent pas cette règle absolue des cinq prières quotidiennes… Et qui justifient leur attitude en prétextant de la modernité et des impératifs de la vie en société au XXIème siècle… Vous admettez donc que, par l’idjitihad et au regard de la modernité, ce pilier de l’Islam pourrait être abrogé ?

S. DJABELKHIR - Dieu ne nous a pas « parlé directement » comme vous le dites ; il ne l’a fait avec personne. Même au Prophète, il n’a pas « parlé directement » ; il lui a « parlé » à travers l’archange Gabriel. Dieu a transmis un message à l’archange Gabriel, qui l’a transmis à son tour au Prophète.

Mais il y a une chose très importante... Lire la suite...

 

 

 

 
 
 
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