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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
ISLAM – Soufisme – Entretien (5/5) : «Les Musulmans ne détiennent pas la vérité absolue»

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Décembre 2016

 

Dans ses éditions précédentes, Le Courrier du Maghreb et de l’Orient a donné la parole aux islamistes fondamentalistes, aux Salafistes, partisans d’une lecture littérale du Coran et d’un « Islam authentique ».

Ces différents entretiens ont suscité de très nombreuses réactions au sein de la communauté des Musulmans « modérés », et dans le milieu du Soufisme notamment, très opposé aux thèses salafistes et à leur lecture d’un Coran qui, notamment, autoriserait la violence (le djihad armé) comme moyen licite de promouvoir et de répandre l’Islam.

Pour en débattre, Pierre Piccinin da Prata a engagé le dialogue avec Saïd Djabelkhir, journaliste algérien, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du Soufisme.

Cinquième et dernière partie de cet entretien, dont le premier volet a été publié dans l’édition de juillet-août 2016 du Courrier du Maghreb et de l’Orient.

 

PPdP – Les « modérés » affirment qu’il n’y a « pas de contrainte en religion »… Ils se réfèrent au verset 256 de la deuxième sourate. Mais le verset complet dit : « Nulle contrainte en religion, car le bon chemin est distinct de l’égarement. » Aussi, prend-il un tout autre sens : l’Islam s’impose par lui-même et est la seule voie possible, car les autres chemins mènent à l’égarement. Et le Coran dit en effet, à l’intention de ceux qui rejettent leur religion : « Dieu ne leur pardonnera pas. » (Coran, IV, 113) ; « La colère divine s’abattra sur eux. » (Coran, XVI, 106) ; et « Ils demeureront éternellement dans le feu. » (Coran, II, 217). Selon un hadith rapporté par Ibn Abbas, le Prophète se montrait inflexible envers ceux qui abandonnaient l’Islam ; il a dit : « Celui qui délaisse sa religion, qu’on le tue. »

S. DJABELKHIRLe verset que vous avez cité (Coran, II, 256) n’impose rien du tout ; bien au contraire, il ouvre la voie vers la liberté de conscience et de penser. Il indique que l’homme est capable de discerner ce qui est bon pour lui de ce qui est mauvais. C’est vrai qu’il propose de croire en Dieu, mais il n’impose rien.

Ce verset propose aux hommes de croire, comme tout bon vendeur peut vous proposer sa marchandise, il ne vous impose rien. Il se trouve que le « bon chemin » est un espace très vaste qui ne contient pas que le message de Mohamed. En effet, le mot « islam » dans le Coran est très vaste. Il ne désigne pas que le message de Mohamed ; il désigne toutes les religions, doctrines et idées qui existent depuis que l’homme a commencé à produire des idées, et qui versent dans le bien de l’homme. En gros, toute idée, religion ou dogme, qui prône la paix et le progrès de l’homme, est contenue dans le mot « islam » qui lui-même, comme je l’ai déjà expliqué, veut dire « faire la paix » et « donner la paix ».

Le Coran dit explicitement qu’il y a d’autres messages plus anciens que celui de Mohamed, dans le mot « islam » : « Etiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à ses fils : ‘Qu’adorerez-vous après moi ?’ Ils répondirent : ...

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