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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
ÉTAT ISLAMIQUE – Reportage exclusif – La bataille de Mossoul !

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient, Janvier 2017

La bataille de Mossoul a commencé le 17 octobre 2016.

Dans l’euphorie générale, la presse internationale a titré sur la chute imminente de Mossoul.

Les Peshmergas (les combattants kurdes) et l’armée irakienne, appuyés par l’aviation de la coalition internationale menée par les États-Unis et secondés par diverses factions, dont les milices chiites d’Irak, semblaient progresser à grande vitesse et « avançaient déjà dans la banlieue de Mossoul » pour « libérer » la ville. Mais la réalité est moins fantastique…

Mossoul encerclée

Les Peshmergas, ces combattants kurdes devenus célèbres, ont poussé l’offensive depuis le Kurdistan jusqu’à libérer tous les villages situés à l’est de Mossoul des djihadistes de l’État islamique (EI), dont les différentes agglomérations à majorités chrétiennes telles que Qarakosh, Amdaniya, Bartella, des bourgs aujourd’hui abandonnés par leur population et qu’animent seulement le va-et-vient des véhicules blindés et le vent qui balaye la poussière des ruines.

Mais il ne faut pas s’y tromper : cette première phase de la reconquête n’était pas très compliquée. D’une part, en effet, ces villages perdus dans la plaine de Ninive n’offraient pas aux islamistes les conditions idéales pour fixer une résistance efficace et durable : désertées par les civils qui avaient fui les lieux en 2014 dès l’annonce de l’arrivée des djihadistes, ces bourgades ont pu être bombardées sans merci par les forces aériennes de la coalition internationale menées par les États-Unis (près de la moitié des habitations sont aujourd’hui détruites) ; et il en fut de même des routes qui relient les villages à Mossoul à travers la rase campagne, sur lesquelles tout véhicule, complètement à découvert, constituait une cible facile pour les avions de la coalition. D’autre part, les djihadistes de l’EI ont dès lors effectué un repli stratégique, réservant leurs forces pour défendre Mossoul, la capitale irakienne du Califat, et abandonnant aux assaillants kurdes ces agglomérations sans grand intérêt stratégique.

Ainsi, en quelques semaines seulement, les Peshmergas ont pu ceinturer Mossoul et envelopper sa moitié est d’un rempart de terre élevé au bulldozer et régulièrement ponctué de fortins surélevés. Et c’était bien là leur objectif : le gouvernement régional du Kurdistan irakien achève ainsi d’établir son pré carré, considérant que tout ce qui se trouve à l’intérieur de ces fortifications qui matérialisent désormais sa frontière est territoire kurde (une frontière qui s’étend, vers le nord, jusqu’à la limite de la Syrie et, vers le sud, englobe tout le territoire enlevé à Bagdad à la faveur de la guerre contre l’EI, jusqu’à la frontière iranienne ; un « espace vital » qu’Erbil n’a pas l’intention de rendre à l’Irak). Ce qui est au-delà est arabe et les Peshmergas n’ont aucune envie de risquer leur peau pour appuyer l’armée irakienne dans la reconquête du reste du pays ; l’offensive kurde s’est donc arrêtée à la « frontière du Kurdistan ».

À l’ouest, ce sont les milices chiites qui ferment le cercle, lesquelles se sont déployées dans le désert qui sépare Mossoul de la Syrie et de ce qu’il reste de l’État islamique, dont la capitale syrienne de l’EI, ar-Raqqa…

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