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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

Irak - Allemagne, Belgique et France contre Etats-Unis. Mais pourquoi ? (L'Echo. Le quotidien de l'économie et de la finance, 13 février 2003)

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Comment expliquer la position de la France, de l'Allemagne et de la Belgique à l'égard des volontés nord-américaines dans le dossier irakien? La fracture apparue au sein de la coalition qui avait mené la première guerre du Golfe est effectivement surprenante et prend même des proportions singulières.

Cela dit, rappelons que le gouvernement nord-américain n'a pas caché ses intentions concernant l'Irak de l'après-Saddam Hussein: plusieurs rapports émanant des départements d'Etat à l'Energie et au Commerce préconisent la privatisation des infrastructures pétrolières irakiennes, nationalisées depuis 1972, et leur rachat par des sociétés nord-américaines principalement, tandis que des sociétés britanniques recevront quelques parts du gâteau, un os à ronger étant réservé aux Russes. Par contre, il a été bien spécifié que rien ne sera accordé aux sociétés européennes (autres que britanniques). Ainsi, les sociétés allemandes et françaises seraient laissées pour compte, d'où l'opposition actuelle très virulente à une action armée, tant que cette question du partage des richesses irakiennes ne sera pas résolue. D'où, également, la proposition franco-allemande d'un plan alternatif pour le contrôle de l'Irak.

Mais il est très probable que la France et l'Allemagne négocieraient la levée de leur veto*, voire leur participation à la guerre contre l'Irak, en termes de parts dans les champs pétrolifères irakiens...

Et la Belgique, dans tout cela? Car il ne faut pas oublier que le plan franco-allemand relatif à l'Irak est bien "franco-allemand" et non "franco-germano-belge"... Il semble bien que la situation préélectorale actuelle ne soit pas étrangère à l'option choisie par les éléments décideurs du gouvernement. En effet, cela permet à certains de faire un numéro hyper-médiatisé face à une opinion publique à près de 70% défavorable à la guerre et de flatter par ailleurs la population en plaçant la Belgique sous les feux de la rampe.

Aussi, il est presque évident que, le moment venu, la Belgique suivra le revirement de la France et de l'Allemagne, un revirement qui ne saurait se faire attendre, tant la position isolationniste adoptée par ces trois Etats deviendra de plus en plus intenable au fur et à mesure que se rapproche la date de la guerre, telle que prévue par Washington, sans compter les implications relativement à la viabilité du Conseil de sécurité de l'Onu si les Etats-Unis bafouaient un veto français ou allemand*.

Cela dit, qu'espèrent l'Espagne et l'Italie en suivant sans réserve leur suzerain nord-américain?


*La France possède un droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU. Pas l'Allemagne, qui, toutefois, a été membre tournant du Conseil de Sécurité en 2003-2004.

Lien(s) utile(s) :  L'Echo.

Coupure de presse : Allemagne-Belgique-et-France-contre-USA1020.jpg

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