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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

France - Nicolas Sarkozy ou « le gaullisme en miettes » (L'Orient-Le Jour, 13 novembre 2010) - Texte intégral



            charles-de-gaulle-portrait-officiel-[1]               sarkozy officiel[1]

 

 

 

Alors que se profile peu à peu la fin de son mandat, le président Nicolas Sarkozy est l’objet de toutes les polémiques, et pas uniquement à propos de ses politiques tout aussi spectaculaires que controversées, envers la population rom ou à propos du port de la burka, notamment.

 

Bien plus que cela, certains observateurs, tel le politologue et historien Emmanuel Todd, n’hésitent pas à considérer que les nombreux coups d’éclat sarkozystes, nuisibles à l’image de la France et à son rayonnement dans le monde, ont entraîné depuis le début de son quinquennat une réelle catastrophe sur le plan économique, qui se traduit par la destruction de plusieurs dizaines de milliers d’emploi français.

 

Mais, au-delà de ces constatations, c’est la remise en question de la tradition gaulliste elle-même qui fait débat, et ce y compris au sein du parti du président, l’Union pour un mouvement populaire (l’UMP).

 

Ainsi, dès le commencement de son mandat, Nicolas Sarkozy a déçu : d’aucuns ont cru  voir la marque d’un retour au grand principe fédérateur du Gaullisme dans « l’ouverture » des fonctions ministérielles à plusieurs partisans de l’opposition. Mais ils ont rapidement déchanté. C’est qu’une analyse a posteriori tendrait plutôt à réduire cette « ouverture généreuse » à un travail politicien de sape des forces de la gauche française, du Parti socialiste en particulier, par le débauchage de ses grandes figures et locomotives. Bernard Kouchner, Dominique Strauss-Kahn ou encore Frédéric Mitterrand, appelés à la soupe, ne s’y sont d’ailleurs pas trompés…

 

 

            france-retour-otan[1]

 

 

Mais c’est dans le domaine de la politique internationale que le président Sarkozy a le plus radicalement inversé les grandes orientations de la politique gaulliste, concernant les rapports de la France avec les Etats-Unis et l’OTAN, d’une part, et, d’autre part, relativement à la position française à l’égard de la question israélo-arabe.

 

Inquiet de la mainmise croissante des Etats-Unis sur les Etats d’Europe, Charles de Gaulle, en 1966, avait pris la décision de retirer la France de l’OTAN (dont elle restait toutefois « alliée »), de sorte à soustraire le commandement militaire français à l’influence directe de Washington.

 

De même, dans le but de garantir l’indépendance politique du pays, le président de Gaulle avait tout mis en œuvre pour doter la France d’une force de frappe nucléaire suffisante à dissuader d’éventuelles velléités à l’encontre de la République, velléités qui, avait-il bien compris, pouvaient un jour venir des Etats-Unis, qu’il ne considérait pas comme « amis », mais plus exactement en tant « qu’alliés de circonstances », susceptibles, le cas échéant, de se tourner contre la France.

 

C’est cette force de frappe nucléaire qui constitue, aujourd’hui, la seule force dissuasive de l’Union européenne (hormis celle de la Grande-Bretagne, étroitement liée aux Etats-Unis et dont le comportement, en cas de conflit, demeure très incertain). Et le président Jacques Chirac, à la fin de son dernier mandat, de garantir à l’Union le soutien nucléaire français, en cas de nécessité impérieuse.

 

Qui plus est, on se souviendra de la position française, en 2003, au moment de l’intervention américano-britannique en Irak…

 

Or, ami personnel de la famille Bush, Nicolas Sarkozy, également proche du président Barak Obama, n’a pas attendu longtemps avant d’annoncer le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN et son réalignement sur la politique de l’axe atlantiste et les positions états-uniennes.

 

Particulièrement, ce réalignement est sensible dans le cadre des nouvelles relations mises en place entre la France et l’Etat d’Israël.

 

La France gaulliste, en effet, a généralement soutenu les causes arabe et palestinienne. En Février 2000 encore, Lionel Jospin, alors premier ministre, au terme de sa visite dans les Territoires palestiniens qu’il avait dû quitter sous des jets de pierres, s’était fait publiquement réprimander par le président Chirac, pour avoir qualifié de « terroristes » les attaques du Hezbollah contre Israël.

 

Charles de Gaulle lui-même s’était catégoriquement opposé à l’expansionnisme israélien, dont il avait dénoncé la politique de conquête et de domination en Palestine, dans un discours resté célèbre. C’est ainsi que, en 1969, à la suite d’une attaque israélienne sur le Liban (et deux ans après la Guerre des six jours et l’annexion par Israël du Sinaï égyptien, de la Cisjordanie et du Golan syrien), il refusa la livraison d’avions de combat commandés à la France par Israël, les Mirages 5.

 

Des ingénieurs et officiers français d’origine juive choisirent alors de transmettre les plans du Mirage aux services de renseignements israéliens et Israël put entreprendre elle-même sa construction. Cette affaire de haute trahison, rapidement étouffée car elle rappelait trop le cas Dreyfus et impliquait l’avionneur Serge Dassault (de son vrai nom Serge Bloch), braqua d’avantage encore le Général de Gaulle à l’encontre de l’Etat israélien.

 

Tout au contraire, depuis son accession à la présidence, Nicolas Sarkozy a systématiquement apporté son soutien au gouvernement israélien.

 

Point d’orgue de cette politique, en juin 2008, il s’illustrait devant la Knesset, le parlement israélien : il a rappelé que son grand-père était juif et s’est présenté comme un ami et partisan de l’Etat hébreux. Il a ensuite longuement fait l’apologie du sionisme qui avait permis, selon lui, « la fondation d’un Etat juif dans le pays d’Israël » (sic) et qui, au terme de dix-neuf siècles d’errance, avait réalisé « l’accomplissement d’une promesse faite au peuple juif ». Enfin, Nicolas Sarkozy a déclaré son « admiration » pour une « des plus authentiques démocraties du monde », avant de condamner le terrorisme palestinien, contre lequel Israël, dans sa lutte, pourrait toujours compter sur la France.

 

Et de conclure ainsi son interminable dithyrambe : « Et l’éternel dit à Moïse : monte sur cette montagne et regarde le pays que je donne aux enfants d’Israël » ...

 

Sans aucun doute, après bientôt quatre années de Sarkozysme, le bilan est sans appel et l’on peut affirmer, sans risque de se tromper, que le Gaullisme, en France, est bel et bien un souvenir du passé.

 

 

 
Lien(s) utile(s) : L'Orient - Le Jour.

 

Coupure de presse :  Gaullisme en miettes

 

 

(Le Président de Gaulle et Israël)

 

 

(Le Président de Gaulle et l'OTAN)

 

 

Voir aussi : Alterinfo et Le Grand Soir.

 

Voir aussi la réaction à cet article des deux sites sionistes radicaux en Belgique : Juif.org et Philosémitisme.

 

Et les tentatives d'intimidation classiques : Le Savoir juif.

Commenter cet article

Vin 02/05/2014 14:48


Qu'est ce que le gaullisme au juste ? http://www.blogactualite.org/2014/05/le-dico-des-idees-le-gaullisme.html


Quels sont ses principes ? Ses origines ? Son héritage ? 

plouc 10/01/2011 23:17


vous êtes ignoble ! affirmer que "Des ingénieurs et officiers français d’origine juive choisirent alors de transmettre les plans du Mirage aux services de renseignements israéliens" est de la pure
propagande antijuive qui rappelle les methodes de collabo au régime nazi. toujours le mythe du juif traitre. Quelles preuves vous avez? D'ailleurs, les belges, vous avez excellés dans ce domaine
pendant la seconde guerre mondiale.

"Serge Dassault (de son vrai nom Serge Bloch)",
là encore, même methode que l'époque nazi. denonciation de juifs


Pierre PICCININ 16/01/2011 22:22



Monsieur,


Comme vous l’admettrez de fait, ce site, contrairement à d’autres, est ouvert à la libre expression de toutes les opinions, tant que les propos exprimés ne
tombent pas sous le coup de la loi. C’est pourquoi votre commentaire n’a pas été retiré par le modérateur, bien qu’il frise la calomnie (nous tenions à vous le notifier) ; et c’est pourquoi
je vous réponds, sans détour.


Tout d’abord, force m’est de constater qu’il me faut, une nouvelle fois, me justifier d’avoir osé aborder un sujet peu flatteur pour l’image de l’Etat
d’Israël et me « dédouaner » relativement aux sous-entendus qui sont les vôtres.


Non, Monsieur, je ne suis en aucun cas antisémite. Je sais que certains milieux seraient bien aises de pouvoir me qualifier de la sorte, du fait
de quelques articles que j’ai rédigés concernant l’intolérable politique menée par l’Etat d’Israël en Palestine, et qu’ils se réjouiraient de me
faire ainsi taire en me discréditant. Cependant, malheureusement pour eux, j’ai aussi pris position, à plusieurs reprises, contre l’antisémitisme et le racisme, et j’ai en outre clairement
dénoncé cet amalgame que ces mêmes milieux tentent de promouvoir entre « critique d’Israël » et « antisémitisme » (Link ).


Certains sites ultra-sionistes, sans jamais dès lors oser me qualifier d’antisémite, me vilipendent régulièrement ; vous constaterez que leurs critiques
sont systématiquement placées en lien sous l’article attaqué, critiques auxquelles je ne réponds pas, puisqu’il s’agit essentiellement d’un flot de haine arrogante sans le moindre argument
pertinent et que, dès lors, toute personne sensée, à leur lecture, peut en apprécier le caractère à sa juste valeur…


Concernant les critiques que vous formulez à l’égard de mon propos : mon but étant de montrer combien la politique sarkozyste est située aux antipodes du
Gaullisme, notamment sur la question israélo-arabe, j’ai fait état des virulentes tentions qui existaient entre le président de Gaulle et l’Etat d’Israël, alors que le président Sarkozy, tout à
l’opposé, soutient cet Etat de manière quasi-inconditionnelle. Je rappellerai en effet, puisque vous m’en donnez l’occasion, que Charles de Gaulle avait exigé le retrait israélien
« des territoires pris par la force » en 1967 et dénoncé « l’occupation »,
« la répression », les « expulsions », tout en soutenant la « résistance » du peuple arabe de Palestine, que l’Etat d’Israël « qualifie de
terrorisme ».


Point d’orgue de ces tentions, l’affaire des Mirages 5 : les faits que je décris ne procèdent nullement d’une « affirmation » qui serait sans
fondement. Il s’agit d’événements historiques parfaitement établis. Je sais qu’ils peuvent être gênants pour certains milieux, mais faudrait-il pour autant les passer sous
silence ?


La famille Dassault a organisé les choses en collaboration avec l’ambassadeur israélien en France, Asher Ben Natan, qui l’a ouvertement admis depuis, ce qui a
été confirmé par le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris, Avi Primor. Et c’est l’amiral israélien Moka Limon, ami personnel de la famille Dassault, qui, de son propre aveu également, a
négocié, avec Marcel Dassault et son fils Serge, la livraison illégale des pièces détachées du Mirage 5.


L’amiral Limon a déclaré avoir ensuite fait sortir les pièces du Mirage 5 en fraude « en les camouflant comme
matériel agricole », avec l’aide de plusieurs « complicités dans diverses administrations et ministères ».


Par la suite, les plans du Mirage 5 ont été également transmis aux Israéliens, notamment par l’intermédiaire de l’ingénieur Alfred Frauenknecht. Il sera
d’ailleurs arrêté et condamné à quatre ans de prison ferme, pour haute trahison, mais ne livrera jamais les noms de ses complices dans l’armée et l’industrie aéronautique françaises, dont ceux
qui se rendirent régulièrement en Israël dans les années qui suivirent et participèrent secrètement à la construction du « Mirage israélien ».


Et ceci sans parler de « l’affaire des vedettes lance-missile », en décembre 1969, sous la présidence de Georges Pompidou, qui avait accentué la
politique pro-arabe de la France ; une affaire qui a presque provoqué une réplique militaire de la France contre Israël, mais s’est terminée par l’expulsion de plusieurs diplomates
israéliens et une enquête interne pour tenter de découvrir les complicités dont ils avaient bénéficié à l’intérieur des ministères de la défense et des finances…


Quant à Marcel et Serge Dassault, je n’invente rien non plus : ces derniers ont effectivement modifié leur nom, « Bloch », en
« Dassault ». J’ignore quelle en a été la raison, mais c’est un fait de notoriété publique. Et Serge Dassault est effectivement juif.


Bref, avant de m’agresser : renseignez-vous.



manu 22/11/2010 14:28


Je suis bien d'accord avec ton accord sauf sur quelques points suivants. C'est vrai que la classe politique dite de gauche a critiqué le gouvernement sur le retour des roms chez eux et sur le port
de la burka. Mais, la majorité des français n'ont pas critiqué sarkosy sur ces 2 sujets mais sur l'aspect purement économique. Il s'était présenté comme le président du pouvoir d'achat et c'est là
qu'il n'a pas réussi. Concernant tes deux polémiques, les roms ne sont pas appréciés car ils ne font rien pour s'intégrer et ne respectent en rien la loi française (idem en Belgique) et ils
retournent chez eux en Roumanie qui est un pays de l'Union Européenne (donc normalement démocratique respectant les principes de l'Union européennes, si pas, la Roumanie devrait être exclu de
l'union européenne). De plus, la commissaire de l'union européenne a eu des commentaires injurieux sur la France à ce moment-là. Et sur le port de la burka, la France est un pays LAIQUE, donc il
est interdit de montrer un signe religieux surtout à l'école (et c'est très bien ainsi), c'est inscrit dans la constition française. On ne peut pas critiquer le gouvernement sur un point
essentielle comme la laicité française qui est une base de la République Française. Enfin tout comparer à De Gaulle, je pense qu'on oublie vite qu'il a repris le pouvoir en 1958 par un coup d'état
avec l'aide de l'armée française en Algérie, le gouvernement de l'époque n'avait pas le choix que de donner les pleins pouvoirs à De Gaulle.


Michel 20/11/2010 13:40


http://www.gaullisme.net/europe-europeenne.htm

Triste France sarkozienne.

Vive de Gaulle!