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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

Iran - Le rapport de l'AIEA : un aller simple pour la guerre? (Centre de Recherche sur la Mondialisation, 11 novembre 2011; et Grotius international - Géopolitique de l'Humanitaire, décembre 2011)  

  Iran AIEA                                                                                                                                                                                 Source image

 

 

Ambassade US - Téhéran À nouveau, des bruits de bottes sourdent autour de la République islamique d’Iran et de ses champs pétrolifères.

 

Il existe de « sérieuses préoccupations concernant les possibles dimensions militaires du programme nucléaire iranien ».

 

Ce sont là les conclusions du rapport de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA), publié le 8 novembre 2011.

 

À Tel-Aviv et Washington, on a d’emblée évoqué l’éventualité d’actions militaires…

 

Si l’on ne trouvera rien de bien neuf dans le contenu de ce rapport, qui ne fait que reprendre les supputations d’usage à l’égard du nucléaire iranien, on ne manquera pas, en revanche, de s’intéresser à la manière dont ces faits évoqués de longue date sont aujourd’hui présentés, sous la plume du japonais Yukiya Amano, ancien ambassadeur à Washington, qui a succédé à Mohamed el-Baradei au poste de directeur général de l’AIEA, en novembre 2009.

 

Le rapport fait cette fois état « d’informations», fournies par les services secrets d’une dizaine de pays membres de l’AIEA. Autrement dit, l’AIEA, par ce rapport, avalise désormais les assertions de nations hostiles à l’Iran, tels les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou encore la France sarkozienne, qui –comme on l’aura pu constater depuis quatre ans- a réaligné sa politique étrangère sur celle de Washington et de Tel-Aviv.

 

D’où les protestations du ministre iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, qui accuse l’AIEA de faire le jeu de ces puissances ennemies et de préparer l’opinion publique internationale à une intervention contre son pays.

 

Et comment, en effet, ne pas comparer ce surprenant rapport de l’AIEA à d’autres documents du genre, qui furent lourds de conséquences pour le Moyen-Orient ?

 

Ainsi, on se souviendra des frappes aériennes sur l'Irak, que menèrent conjointement États-Uniens et Britanniques en décembre 1998.

 

Plus exactement, on se remémorera les motifs de ces frappes : Bagdad fut accusée par un rapport de Richard Butler, le directeur des inspecteurs de l'ONU en Irak, d'avoir repris un programme d'armement nucléaire.

 

Mais les frappes eurent lieu le 16 décembre, tandis que le rapport de Richard Butler ne fut délivré que plusieurs jours plus tard : ces frappes, ordonnées in extremis par le président William Clinton, eurent lieu précisément à la veille d’un vote par le Congrès états-unien sur la destitution du président, suite au parjure dont William Clinton s'était rendu coupable dans le cadre de « l'affaire Monica Lewinsky », vote programmé pour le 17 décembre.

 

Autrement dit, l’intervention, motivée a posteriori par un rapport mensonger, fut, pour le président William Clinton, le moyen de faire reporter le vote du Congrès, dans la mesure où l'état de guerre nécessitait le maintien du pouvoir exécutif, c'est-à-dire du président en fonction.

 

Il fut plus tard établi que Richard Butler avait agi en accord avec les services secrets états-uniens.

 

De même, on se souviendra du faux rapport que le premier-ministre britannique de l’époque, Antony Blair, avait demandé de produire à son directeur de la communication, Alastair Campbell, pour présenter l’Irak, en 2003, comme une menace sérieuse pour la sécurité nationale. Ce rapport fut déposé devant le Parlement par le premier-ministre, qui affirma que l’Irak était capable de frapper la Grande-Bretagne et l’Europe avec des armes de destruction massive en moins de quarante-cinq minutes. Ce sur quoi la plupart des députés britanniques ont voté l’entrée en guerre contre l’Irak.

 

En réalité, cet « excellent dossier présenté par le Royaume-Uni décrivant en détail les activités de dissimulation irakiennes », tel qu’il fut qualifié devant le Conseil de Sécurité de l’ONU par Colin Powell, le secrétaire d’Etat états-unien, consistait en une thèse d’étudiant en science politique vieille de douze ans, complétée par plusieurs articles universitaires disponibles sur internet et modifiés pour les besoins de la cause.

 

Dans le même temps, le directeur des inspecteurs de l’ONU en Irak, le suédois Hans Blix, qui contestait le faux rapport, devint la cible d’une effroyable campagne de dénigrement et de calomnies de la part de Londres et de Washington.

 

L’invasion eu lieu, sans l’accord du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Par la suite, deux universitaires dévoilèrent les faits au grand public : le professeur Glen Rangwala, de l’Université de Cambridge, reconnut dans ce rapport les articles de science politique utilisés par le cabinet du premier-ministre ; il en informa la BBC, indiquant aussi les passages qui avaient été modifiés pour rendre le rapport plus alarmiste. Le docteur en microbiologie David Kelly, qui avait participé aux missions de l’ONU en Irak, contacta également la BBC, pour lui faire part de ses doutes sur l’origine du fameux rapport (quelques semaines plus tard, D. Kelly fut retrouvé mort dans un bois, les veines du poignet tranchées).

 

L’intervention en Libye à peine terminée, serait-on en train de rejouer un scénario à l’irakienne, à l’encontre de l’Iran cette fois ?

 

Mais, plus pernicieusement encore, le piège consiste à se laisser enfermer dans cette focalisation de l’attention sur le nucléaire iranien.

 

En effet, l’Iran n’est pas le seul État qui chercherait (remarquez le conditionnel) à se doter de l’arme nucléaire, pour assurer sa sécurité face aux appétits grandissant des puissances occidentales.

 

D’autres s’activent dans ce domaine. Bien plus avancés que l’Iran, ne devraient-ils pas être considérés comme des priorités, telle, par exemple, la Corée du Nord, qui possède ce type d’armement et cherche à augmenter la portée de ses vecteurs ?

 

Ou telle Israël qui, sans avoir jamais reconnu posséder des têtes nucléaires, ne l’a jamais nié non plus et est plus que soupçonnée, depuis des années, d’en cacher dans ses arsenaux…

 

 

  


Lien(s) utile(s) : Centre de Recherche sur la Mondialisation - Grotius international.

 

Le rapport de l'AIEA : Implementation of the NPT Safeguards Agreement and relevant provisions of Security Council resolutions in the Islamic Republic of Iran.

 

 

Lire : IRAN - Une attaque imminente ? et IRAN - La République islamique en état de siège.

 

Lire aussi : IRAK/ROYAUME-UNI - L'Etat de droit en suspens....

 

 

 

carte iran fr

 

 

 

© Cet article peut être librement reproduit, sous condition d'en mentionner la source (http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com).

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jluc 21/11/2011 12:49


 Cher Anonyme vous dites


Monsieur Picinnin a le mérite de poser les bonnes questions et de rappeler d'anciennes manipulations.


Boff !


VOUS NE VOUS POSITIONNEZ PAS , TOUT COMME Mr. PICCININ, SUR LE FAIT QUE L'IRAN N'A PAS BESOIN DE CENTRALES ATOMIQUES ET PEUT PASSER DIRECTEMENT
DE L'ENERGIE DU PETROLE AUX ENERGIES VERTES !!!


Jluc nie sans doute les diverses manipulations dont nous avons déjà été vicitmes par le passé !


Non je n'ai rien fait de tel


Une guerre non fondée contre l'Irak,


Ma position était et reste nous n'avions rien à faire là-bas. J'étais contre l'intervention Américaine et heureux que la France soit restée
externe à ce conflit qui va offrir l'Irak aux régime des Mollahs.


une résolution onusienne bafouée en Libye.


Idem ma position était nous n'avons  rien à faire là-bas , ni en syrie demain , ni en Cote d'Ivoire, Hier.


D'autant plus qu'en Lybie,  nous favorisons la mise en place de la loi Islamique décrétée par celui-la même qui voulait envoyer à la mort
les infirmières bulgares.


 


Et puis, si on ne veut pas que l'Iran possède l'arme nucléaire, pourquoi les Etats-Unis, la France et les autres larbins ne montrent-ils pas l'exemple.


CHICHE !!! mais aussi la Russie, La chine, Le Pakistan, La Corée ..etc..


Sous un vernis démocratique, nous vivons en fait sous des régimes totalitaires qui cachent leurs vrais visages.


Non non elles ne le cachent pas cela s'appelle LE CAPITAL.


Cher Monsieur anonyme vous me prêtez des propos et des idées qui ne sont pas miens. Un peu de tenu SVP

Anonyme 21/11/2011 11:36


Le seul qui déverse une prose nauséabonde est jluc ... Monsieur Picinnin a le mérite de poser les bonnes questions et de rappeler d'anciennes manipulations. Jluc nie sans doute les diverses
manipulations dont nous avons déjà été vicitmes par le passé ! Une guerre non fondée contre l'Irak, une résolution onusienne bafouée en Libye. Et puis, si on ne veut pas que l'Iran possède l'arme
nucléaire, pourquoi les Etats-Unis, la France et les autres larbins ne montrent-ils pas l'exemple. Sous un vernis démocratique, nous vivons en fait sous des régimes totalitaires qui cachent leurs
vrais visages.

jluc 16/11/2011 09:23



N'en déplaise à Mr. PICCININ, AIEA semble faire correctement son travail et recoupe ses propres informations avec celles fournies par les états membres de l'organisation. Elle demande de plus,
des explications à l'IRAN et une mise en conformité.(voir info AFP + bas)


Moi je dis qu'un pays qui possède autant de gaz et de pétrole peut se passer du nucléaire même civil et passer
directement aux énergies renouvellables. Le seul but inavoué est l'obtention de l'arme atomique!!!


Un pays aussi riche devrait avoir un niveau de vie élevé également où passe l'argent ???


Mais tout cela Mr. PICCININ s'en moque, il préfère déverser sa prose nauséabonde en trompant son
public.


Ce qui est curieux aussi, c'est que nos écolos veulent fermer l'EPR de flamanville mais sont étrangement muets sur le nucléaire iranien.


 


Info , sourve AFP :  Pour ce rapport, l'AIEA indique avoir bénéficié d'informations fournies par dix pays membres - vraisemblablement des services secrets - et disposer aussi de ses propres sources, en particulier de photos satellitaires de la base militaire de Parchin, près de Téhéran.


Les points controversés sont énumérés en annexe du document. L'AIEA exhorte le pays à se mettre "sans délai" en rapport avec elle afin de les
clarifier.



jluc 15/11/2011 13:39



 




Ne pas mettre un coup d'arrêt au programme nucléaire iranien serait une erreur, mais est-il encore temps ?


Croire à l'honnêteté des mollahs ou du président iranien serait faire preuve de complaisance naïve et stupide  ou même de complicité.


Mr. Picinin croit le "gentil vizir" de Téhéran puisqu'il dit même que les chrétiens sont bien traités en Iran dans un autre article. Il sacrifie déontologie honnêté sur l'autel de son
idéologie.








jluc 14/11/2011 17:21



IL EST CURIEUX DE CONSTATER QUE MR. PICININ C0NNAIT LA TENEUR DU RAPPORT DE L'AIEA LE 11 NOVEMBRE ALORS QUE CELUI-CI NE SERA PUBLIE QUE LE 14 NOVEMBRE SEULEMENT !!!


AURAIT-IL AUSSI DES ESPIONS PRO-IRANIENS A SA SOLDE ?


 



Pierre PICCININ 15/11/2011 12:53



Le rapport est disponible depuis plusieurs jours et consultable, notamment, à cette adresse : http://www.iranfocus.com/en/images/stories/pdf/iaea_iran_8nov2011.pdf.