Partager l'article ! SYRIE - Le plan Annan : une porte de sortie pour Damas ?: Syrie - Le plan Annan : une porte de sortie pour Damas ? (La Nouvelle Républ ...
Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)
#Website manager - Conseiller en communication : Thibaut WERPIN
Certains articles sont disponibles en traduction :
Si vous avez vu Pierre en Syrie depuis le 9 avril, si vous avez la moindre information récente qui puisse aider à le localiser, contactez cette adresse : pierre.piccinin.da.prata@gmail.com
11 April 2013 - 10.00
More info : Brussels School of International Studies
Le Livre - Info Le Documentaire en DVD - Info
![]()
Si vous avez vu Pierre en Syrie depuis le 9 avril, si vous avez été en contact avec lui, si vous avez la moindre information récente à
son sujet qui puisse aider à le localiser, contactez cette adresse : pierre.piccinin.da.prata@gmail.com
Pierre PICCININ da PRATA
Historien - Politologue
À propos de Pierre PICCININ da
PRATA
Rejoignez Pierre PICCININ da PRATA sur Facebook !
BENOÎT XVI vs. FRANÇOIS Ier
Deux semaines après la surprise de l’élection du Cardinal Jorge Mario Bergoglio au Vicariat du Christ, après avoir repris
son souffle et avec désormais un peu de recul, il est plus aisé de recadrer en perspective la personnalité politique et spirituelle de ce nouveau pape venu d’ailleurs et presque parfaitement
inconnu. Après l’euphorie qui a succédé à l’annonce de l’accession de « l’Archevêque des pauvres » au
trône de Saint-Pierre, le doute s’insinue, réflexion faite… Lire la suite...
GRAND REPORTAGE : L'ILLUSION MALIENNE
Le Mali n’est ni libéré ni pacifié. Et la contre-offensive islamiste pourrait survenir là où
l’armée française ne l’y attend pas. En outre, les « exactions » de l’armée
malienne se multiplient envers les communautés arabe et touarègue, dans l’indifférence affichée des forces d’intervention françaises. Partis de Bamako, la capitale, nous avons traversé le pays du sud au nord, à la découverte d’une
opération militaire française qui, au terme de nos investigations, apparaît sous un jour très peu flatteur et particulièrement dramatique pour un peuple d’Afrique que la volatilité des médias
abandonnera très rapidement à l’oubli des opinions publiques occidentales…. Lire la suite...
Syrie : "Les islamistes concurrencent de plus en plus l'Armée libre"
Syrie : "L'Occident a fait un très mauvais calcul en abandonnant l'Armée libre"
Syrie : "Le gouvernement al-Assad massacre l'opposition"
Syrie : "Répressions militaire et policière"
Radio Canada 98.5 fm (12 juin 2012)
Syrie : "Le régime est décidé à écraser l'opposition"
TV5 Monde (9 juin 2012)
Syrie : "Aider l'Armée syrienne libre"
(Organiser une conférence avec Pierre PICCININ)
De Téhéran à Téhéran
(la politique étrangère des Etats-Unis d'Amérique au Moyen-Orient).
Le "Printemps arabe", une illusion d'optique.
Syrie, la révolution orpheline.
Israël et le projet sioniste en Palestine, de Theodor Herzl à nos jours.
Histoire d'une république islamique : l'Iran, de 1979 à nos jours.
Yougoslavie : disparition annoncée d'un Etat.
Benoît XVI et l'Église, entre tradition et progrès.
Wikileaks, "info" ou "intox"?
Résumé des conférences :
BELGIQUE
Le Soir
La Libre Belgique
L'Echo
Le Vif / L'Express
FRANCE
Le Monde diplomatique
Le Monde
Le Courrier international
L'Humanité
Libération
Le Figaro
Le Point
Marianne
Le Nouvel Observateur
Politis
La Croix
Charlie Hebdo
ITALIE
La Stampa
La Reppublica
Il Corriere della Sera
L'Osservatore romano
Liberazione
Il Manifesto
ESPAGNE
El País
El Mundo
GRANDE-BRETAGNE
The Times
The Financial Times
The Independent
The Guardian
The Daily Telegraph
The Economist
The Daily Mail
IRELANDE
The Irishtimes
ALLEMAGNE
Die Welt
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Süddeutsche Zeitung
LIBAN
L'Orient - Le Jour
ETATS-UNIS
The Washington Post
The New Yorker
The International Herald Tribune
The New York Times
The Wall Street Journal
The Los Angeles Times
Chicago Tribune
Syrie - Le plan Annan : une porte de sortie pour Damas ? (La Nouvelle République, 21 avril 2012)
[photo : à Hama, avec les manifestants]
Exception faite de la France, qui a soutenu le Qatar dans son entreprise de déstabilisation du gouvernement syrien [le Qatar a armé les factions de l’opposition qui ont opté pour une rébellion militarisée et a largement utilisé sa chaîne de télévision satellitaire, al-Jazeera, pour attaquer le régime baathiste, au point d’intoxiquer l’opinion publique internationale en promouvant de fausses informations; tandis que des unités de l’armée française entraînent l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine dans les camps de réfugiés qui lui servent de bases arrière en Turquie et au Liban], l’Occident, de manière générale, de même qu’Israël, s’est trouvé fort embarrassé face à la fragilisation d’un pays dont l’éclatement pourrait entraîner un séisme géopolitique de Tel-Aviv à Téhéran et de Beyrouth à Bagdad.
En effet, contrairement à la vision développée par les analystes des écoles marxisantes, qui fondent de manière systématique leur approche des événements du Moyen-Orient sur le postulat selon lequel « l’empire américain » et ses « vassaux européens », liés à « l’entité sioniste », tirent les ficelles de tous les dérèglements qui y surviennent, il apparaît de manière assez évidente que ni les États-Unis, ni l’Union européenne, ni non plus Israël n’ont souhaité le renversement du président Bashar al-Assad.
D'une part, les événements en Syrie ont mis en péril toute une politique de réalignement forcé du pays, menée par les États-Unis depuis 2005 : peu après l’assassinat de Rafiq Hariri, le premier ministre libanais, Washington avait utilisé le Tribunal spécial pour le Liban, avec la complicité de son nouvel allié, la France sarkozienne, pour accuser et mettre la pression sur la Syrie ; parallèlement, à travers l’Arabie saoudite, son grand allié dans la région, Washington a offert à Damas des opportunités d’accords économiques et diplomatiques. Bashar al-Assad avait bien compris cette politique de la carotte et du bâton et a saisi la main tendue ; l’enquête du Tribunal spécial fut alors réorientée vers le Hezbollah… Mais les relations entre la Syrie et les Etats-Unis s’étaient déjà améliorées dès après les attentats du 11 septembre 2001 : Damas et Washington s’étaient trouvé un point commun, la lutte contre le terrorisme islamiste. Et des prisonniers furent transférés de Guantanamo en Syrie, pour y être « interrogés » ; une collaboration très étroite s’est développée entre les services secrets états-uniens et syriens.
D'autre part, quelles mesures concrètes ont-elles été prises contre Damas ? Principalement, les Etats-Unis et l’Europe ont déclaré qu’ils n’achèteraient plus de pétrole à la Syrie. Or, les Etats-Unis n’ont jamais acheté de pétrole à la Syrie… En outre, le pétrole syrien continuera de se vendre sur les marchés, ailleurs, à travers l’Irak notamment, et l’Europe s’approvisionnera ailleurs également. Il s’agit donc d’un hypocrite petit jeu de chaises musicales qui n’aura aucune conséquence pour le régime baathiste.
Quant à Israël, il s’inquiète des bouleversements qui ont lieu en Syrie : le régime baathiste ne reconnaît pas l’État d’Israël, appelé « la Palestine occupée », mais ne mène aucune action hostile à Tel Aviv. En dépit des 500.000 réfugiés palestiniens qu’abrite la Syrie, aucune attaque n’a lieu contre Israël depuis les frontières syriennes, tant la région du Golan est parfaitement sécurisée par Damas.
De même, si la Syrie finance le Hezbollah et le Hamas, c’est dans le but de rester un acteur régional incontournable, nullement de détruire Israël.
Ainsi, le plan de paix porté par Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, lequel plan vise à faire accepter en Syrie un cessez-le-feu par les forces gouvernementales et les différentes factions armées de la rébellion, constitue pour Damas l’opportunité, d’une part, de mettre l’opposition face à ses responsabilités, en lui proposant de s’asseoir à la table des négociations et de déterminer une feuille de route vers un processus de réformes, et, d’autre part, de renormaliser ses rapports avec l’ensemble de la Communauté internationale.
Le plan Annan survient effectivement à un moment où l’armée régulière syrienne a pour ainsi dire repris le contrôle des foyers historiques de l’opposition, Homs et Hama, et est par ailleurs en train d’anéantir les bastions que l’ASL occupait le long des frontières turques et libanaises, comme Idlib ou Zabadani.
Si l’on a pu penser que ce plan avait pour but de donner le temps à l’opposition, en grande difficulté, de reprendre son souffle, il est cependant soutenu par la Russie, allié privilégié de la Syrie, qui, jusqu’à présent, s’était toujours opposée aux projets de résolutions du Conseil de Sécurité qui condamnaient la violence exercée par le gouvernement, sans évoquer celle de la rébellion. Il en va autrement cette fois, à l’égard d’un plan qui concerne les deux parties en présence et plus seulement le pouvoir en place.
Le plan, en outre, n’appelle plus au départ du président al-Assad, comme cela avait été le cas des différents projets de résolution rejetés par Moscou.
Autrement dit, le scénario le plus probable, si le plan Annan devait se concrétiser, serait celui d’un apaisement de la crise syrienne et d’une réforme progressive des institutions, sur le long terme, voire sur le très long terme, et sous l’égide de l’actuel gouvernement, mais sans plus de risque d’explosion régionale et avec la possibilité, pour Washington, de reprendre, là où elle l’avait laissé, son travail de rapprochement avec Damas.
La seule incertitude réside dans l’attitude des Frères musulmans syriens, qui dominent l’opposition politique : accepteront-ils de se laisser ainsi forcer la main et de dès lors perdre la partie ? Et, bien sûr, dans les intentions du couple franco-qatari. Mais, déjà moins hargneux dans le verbe envers Damas, l’Elysée semble avoir entendu la voix de son maître…
Lien(s) utile(s) : La Nouvelle République.
À entendre :
SYRIE - 50 minutes de vérité... Ce que l'on sait, et comment?
"Dans certaines rédactions, les journalistes doivent apprendre à se taire"
Et à lire aussi :
- SYRIE - Désinformation massive.
- SYRIE – La « révolution » impossible (témoignage et analyse).
- SYRIE - Propagande et média-mensonges, autant en emporte le vent...
- SYRIE – Mensonges et manipulations.
© Cet article peut être librement reproduit, sous condition d'en mentionner la source (www.pierrepiccinin.eu).