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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

Tunisie - Élections tunisiennes : retour de l'ancien régime et percée islamiste (Centre de Recherche sur la Mondialisation, 20 octobre 2011)

 

 

Tunis                                                                                                                                                 ©  photo Pierre PICCININ

   

 

Photos-illustration-2 0009En Tunisie, comme en Egypte, l’enjeu principal qui a suivi les troubles et la chute du chef de l’État consiste en la réforme de la constitution et l’ouverture du pouvoir à l’opposition.

 

L’opposition tunisienne, qui s’organise peu à peu, demeure cependant, à ce jour, exclue du gouvernement provisoire, toujours composé, pour l’essentiel, des ministres choisis par Mohamed Gannouchi, l’ancien premier ministre de Ben Ali, et qui s’emploie à orienter les réformes en faveur du maintien des prérogatives de l’establishment politique et financier.

 

Ce gouvernement a pourtant subi plusieurs remaniements depuis l’exil en Arabie saoudite du président Ben Ali, le 14 janvier 2011.

 

L’historique de ces remaniements est riche d’enseignements sur la manière dont la « révolte » a été gérée par les autorités. Et il convient de s’y arrêter, pour comprendre la manière dont la « révolution » a été enrayée, le cas tunisien, outre qu’il fut le déclencheur de ce « Printemps arabe », étant aussi, sur ce plan, le plus complexe à disséquer.

 

Le premier ministre Mohamed Gannouchi avait, dans un premier temps, espéré maintenir en place l’ensemble de l’appareil politique, tablant sur le fait que le départ du chef de l’État aurait constitué un exutoire suffisant à la révolte populaire ; il avait ainsi annoncé « la vacance de la présidence » et assuré lui-même l’intérim, le temps que le Conseil constitutionnel, en vertu de l’article 57 de la Constitution, désignât comme successeur le président du parlement, Fouad Mebazaa, fidèle du régime et membre de tous les gouvernements de Ben Ali. Ce dernier, toujours en vertu de la Constitution, recevait la charge d’organiser des élections présidentielles dans les soixante jours.

 

En outre, dès le vendredi 14 janvier au soir, l’état d’urgence avait été proclamé, sous le prétexte que des « pillards » semaient le chaos dans la plupart des grandes villes du pays et que la « priorité absolue » du gouvernement devait être le rétablissement de l’ordre public. En conséquence, l’armée, dont le commandement, depuis le début des événements, s’était officiellement engagé à défendre le peuple, y compris contre la police du régime, et s’était dès lors attiré la sympathie populaire, a, sans difficulté, repris le contrôle de la rue, encadrant étroitement les manifestations et empêchant tout débordement, sécurisant les lieux du pouvoir.

 

Il apparaît clairement que le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), a ambitionné à ce moment-là de conserver intacte l’ensemble des institutions.

 

Si une partie des contestataires avait déjà été satisfaite par le départ du président Ben Ali et a déserté la rue, la manoeuvre n’a cependant pas réussi à duper une large fraction d’une population tunisienne éduquée, qui a dès lors poursuivi son mouvement, revendiquant une nouvelle constitution et des élections présidentielles et législatives et exigeant le départ de tous les ministres issus du RCD.

 

À l’occasion de ces manifestations, les intentions du commandement militaire sont apparues sous un jour moins idéal, l’armée intervenant régulièrement pour disperser la foule, violemment parfois et en coordination avec la police.

 

Le premier ministre Gannouchi s’est essayé alors à une seconde manoeuvre, le 19 janvier, par un effet d’annonce du remaniement du gouvernement, de l’ouverture à l’opposition et de la démission du RCD de tous les ministres en exercice. En fait d’ouverture, seulement trois ministères furent concédés : l’enseignement, le développement régional et la santé. Et seule l’opposition officielle, « autorisée » sous la présidence de Ben Ali, fut invitée à participer.

 

Cette seconde manoeuvre fut également un échec : conscients de la supercherie, les membres de l’opposition qui avaient accepté un portefeuille ont démissionné dans les heures qui ont suivi leur nomination et les manifestations se sont poursuivies.

 

Le 25 janvier, Mohamed Gannouchi présenta un gouvernement dont seuls neuf des anciens ministres conservaient leur portefeuille. Cette troisième manoeuvre réussit : bien que la plupart des nouveaux ministres fussent issus des rangs de l’establishment benaliste, anciens hauts fonctionnaires, diplomates ou financiers liés au régime, seconds couteaux inconnus du grand public, ils furent acceptés par les manifestants. Mohamed Gannouchi, qui restait seul contesté, démissionna lui-même, le 27 février, mettant ainsi un terme aux derniers mouvements de protestation de masse susceptibles de menacer le régime. Il a été remplacé par Béji Caïd Essebsi, ancien président de la chambre des députés.

 

Ce dernier remaniement fut accompagné du discours du commandant en chef de l’armée, le général Rachid Amar, qui s’est adressé directement aux manifestants, le 25 janvier, dévoilant un peu plus encore le jeu de l’armée : jouant sur les divisions qui ont commencé à naître au sein de la population (des manifestations pour la reprise du travail se sont heurtées à celles qui exigeaient la démission du gouvernement), le général Amar a demandé à tous les manifestants de rentrer chez eux, leur garantissant que l’armée défendrait le processus de démocratisation du pays.

 

Depuis, si quelques changements bénins ont eu lieu, c’est cette équipe-là qui gouverne la Tunisie, cette équipe dont le ministre des affaires étrangères, Ahmed Ounaës, en déplacement auprès de la Commission européenne, le 2 février, avait déclaré : « le renversement de Ben Ali n'a rien à voir avec une révolution. (...) Ce régime fut une simple parenthèse despotique, mais qui a su apporter la modernisation de l'économie et faire passer la Tunisie du socialisme au libéralisme », propos qui ont entraîné sa démission le 13 février.

 

Fait notable également, la police politique du régime benaliste n’a pas été démantelée et continue de surveiller et d’inquiéter les opposants. « Le dictateur est parti, la dictature est toujours en place. »

 

Ce gouvernement provisoire, au sein duquel les ballets et tours de passe-passe ont réussi a maintenir une majorité d’anciens membres du RCD, a tenté depuis lors, principalement, de hâter au maximum l’élection de « l’Assemblée nationale constituante », qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution, avant des élections législatives et présidentielles.

 

Cela étant, dès le mois de mars, l’opposition a créé la « Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique », organe autoproclamé rassemblant des représentants de différentes formations politiques et d’organisations syndicales, professionnelles et régionales.

 

C’est là un fait unique dans ce « Printemps arabe » : l’opposition a réussi (mais partiellement seulement) à remplacer les institutions de l’ancien régime par une instance issue de la révolte.

 

Cette Haute Instance a décrété la création d’une « Instance supérieure indépendante pour les élections » (ISIE), chargée de superviser les élections, en lieu et place du ministère de l’intérieur. Elle a aussi décrété que la plupart des membres du RCD ayant occupé des fonctions officielles ne pouvaient être candidats aux élections.

 

En outre, initialement prévue le 24 juillet, l’élection de l’Assemblée nationale constituante a été reportée au 23 octobre 2011.

 

Mais l’opposition historique n’a pas réussi à surmonter ses divisions et a présenté des listes concurrentes.

 

Les vainqueurs de ces élections pourraient donc bien être les islamistes du parti Ennhada, d’une part, dont les candidats parcourent les provinces, distribuant argent et denrées (brimé sous Ben Ali, Ennhada était exsangue et encore sans ressources quelques mois avant la campagne électorale ; la question est donc de savoir quelle est l’origine des fonds qui alimentent cette onéreuse campagne).

 

D’autre part, à côté de ces partis de l’opposition historique, sont apparues plus d’une centaine d’autres formations, soit plus de 10.000 candidats pour les 217 sièges de l’Assemblée constituante ; 1.635 listes déposées, presque 1.500 retenues, dont 146 pour les 18 sièges réservés aux Tunisiens de l’étranger.

 

Nombre de ces formations masquent le retour en lice de l’ancien régime et laissent aujourd’hui planer le doute sur l’avenir du projet de constitution, qui pourrait ainsi se jouer entre les islamistes et l’ex-RCD.

 

 

 

 Lien(s) utile(s) : Centre de Recherche sur la Mondialisation.

 

 

 

 

 

Lire aussi :

- Tunisie : « tout changer, pour que tout reste pareil »…

- Entretien avec Moncef Marzouki, président du parti du Congrès pour la République

- Entretien avec Radhia Nasraoui et Hamma Hammami

 

 

© Cet article peut être librement reproduit, sous condition d'en mentionner la source (http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com).

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jluc 16/11/2011 17:12



PERCEE ISLAMISTE , EUH NIN CARREMENT DJIADISTE EN TUNISIE ET NON EN FRANCE AUSSI A PONTOISE !!!!!!!!!


 


Joachim Veliocas / Le «Livre du Jihad» enseigné à la mosquée de Pontoise






Extrait de l’article paru dans Le Mensuel de l’Observatoire et intitulé «L’islamisme sous bénédiction républicaine à Pontoise».


 Lors de son inauguration en mai 2004, la première grande mosquée du Val d’Oise reçut un accueil très favorable des autorités républicaines, Le Parisien titrait
alors «Concert de louange pour inaugurer la mosquée». Le quotidien francilien écrivait : «La mosquée de Pontoise, la première de la ville nouvelle, a été inaugurée hier matin dans la partie basse
du quartier de Marcouville. Sous les applaudissements de nombreux représentants des communautés musulmane mais aussi chrétienne, dont le curé de Pontoise et le pasteur d’Osny, le député-maire et
le sous-préfet de Pontoise, le président de l’association Avicenne et l’imam de la mosquée ont symboliquement dévoilé ensemble la plaque du centre cultuel et culturel. Ouverte depuis novembre
2002, mais achevée depuis peu, cette mosquée de taille moyenne (500 places pour la grande salle de prière, 150 pour les femmes) a apparemment séduit ses hôtes. Au terme d’une visite
par-ticulièrement transparente, des salles de soutien scolaire aux parkings, tous ont loué la qualité du bâtiment et son intégration dans la ville. Entre les drapeaux français et européen,
Philippe Houillon (UMP) et le sous-préfet Daniel Wojciechowski ont salué l’esprit d’ouverture et de solidarité des responsables du lieu.» (Le Parisien du 05.05.2004)


Huit ans après l’inauguration, le paysage a été bouleversé dans la ville de Pontoise : des centaines d’individus se vétissent de djellabas et arborent une longue barbe pour ne pas ressembler aux
koufars (mécréants), les femmes allant à la mosquée sont évidemment toutes voilées. L’école coranique enseignant l’arabe et la charia aux enfants et adultes, est pleine.


Pour connaitre ce qui est enseigné à la mosquée Masjid rien de plus simple, le site internet de la mosquée nous expose le programme scolaire. Le mardi est consacré à l’étude du droit
jurisprudentiel islamique, le Fiqh, plus connu sous le nom de charia, recouvrant tous les domaines du droit positif, du droit civil au droit pénal tout en donnant des prescriptions de
comportement afin de suivre «la voie droite», et de propager l’islam par le combat si possible.


Donc, tous les mardis, c’est un traité de droit très classique qui est programmé: le Boulough Al-Marâm signifiant «La Réalisation du But». Son auteur, ibn Hajar Al-Asqualani (1372- 1448), connu
sous la contraction de Ibn Hajar, est une sommité historique pour les musulmans étant donné la fonction qu’il occupait de son vivant : Qâdi Principal d’Egypte nommé par les derniers sultans
Mamelouk , fonction qu’il présida 21 ans. Ses funérailles ont d’après les historiens de l’époque rassemblées cinquante mille personnes, dont le sultan et le calife de l’époque al-Mustakfi II .


L’ouvrage, une référence intemporelle, est disponible dans toutes les librairies musulmanes de Paris. Il est édité depuis 1999 en langue française par la maison d’édition Dar Ous Salam, basée en
Arabie Saoudite qui a pour principaux centres de diffusion le Pakistan et le Royaume Uni. On ne sera donc pas étonné que le Bureau de prédication islamique de Ryadh, organe de prosélytisme du
ministère des Affaires islamiques de l’Arabie Saoudite, disposant de moyens financiers colossaux, félicite la mosquée de Pontoise pour ses enseignements sur son site francophone Islamhouse.com :
«Voici le programme de cours de la belle mosquée de Cergy-Pontoise qui vous donne rendez-vous toutes les semaines de l‟année, sauf contre-indications. Sachez qu‟une salle pour nos soeurs est
disponible. Qu’Allah récompense les responsables de cette mosquée et préserve tous ceux qui s’appliquent à propager l’Islam !»


Le contenu du Boulough Al Marâm : châtiments et Jihad offensif


Manuel dont la version arabe-français comporte 600 pages, sa fonction est de classer en chapitres appelés «Livres» les Hadith formant la deuxième source de jurisprudence islamique après le Coran,
correspondant aux propos de Mahomet rapportés par ses compagnons. Nous n’allons pas vous exposer les fastidieuses parties sur les purifications avant la prière, ou les indications sur le Hajj, le
pèlerinage à la Mecque, mais nous pencher sur le droit pénal avec ses châtiments physiques et le gros chapitre sur le Jihad montrant qu’il est sans équivoque un devoir pour étendre l’islamisme
dans le monde entier, et non une seule guerre défensive. Le champ lexical du «Livre du Jihad» est clair : «propagation» ; «attaque»; «faire triompher l’islam»; «conquête»; «expédition». Les
femmes issues du butin de guerre peuvent être violées, même si elles sont mariées, et être licitement réduites en esclavage. Mahomet y est décrit installant des catapultes pour prendre d’assaut
la ville de Tâ’if, Ibn Hajar expliquant que femmes et enfants peuvent être légalement tués dans ce type de «conquête» provoquant des victimes collatérales inévitables. Qu’en pense le préfet du
Val d’Oise et le chef de l’UMP du département, Philippe Houillon ayant facilité et inauguré ce foyer de l’islamisme radical ?


Joachim Veliocas, Observatoire de l’islamisation.



jean-luc 26/10/2011 12:31



100% d'accord avec Franz. La haine de tout ce qui est occidental est telle que la démocratie ne fait pas le poids avec un islamocratie voulue par une majorité relative pour le moment. Le pire est
que les tunisiens de France ont majoritairement voté pour le parti islamiste. Honte à eux. Quant est-il en Belgique ?


Hier sur France 2, il y avait un documentaire sur HITLER, son ascencion a été tout ce qu'il y a de plus démocratique. Mr. PICININ vous auriez -du regarder l'émission cela vous aurait fait le plus
grand bien. Car soutenir comme vous le faites les partis de la terreur avec une vision tronquée de la vraie histoire n'est pas admissible. De plus, lorsque vous allez voir les Freres Musulmans,
le Hamas, le Hezbollah et autres terroriste, vous leur donnez de la crédibilité. Vous me faites penser à Mr. Sarkosy qui recevait en grande pompe le terroriste KADHAFFI.


Tout cei est bien triste



Franz DEBRUE 23/10/2011 09:41



il ne faut pas être grand clerc pour avoir deviné depuis longtemps déjà que ce sont les islamistes qui vont tirer les marrons du feu, en Tunisie comme ailleurs. Leur financement est colossal, non
seulement par les pays islamistes mais aussi par les pays islamiques qui le financent en échange d'une tranquilité sans doute temporaire. Les régimes de ces pays n'étaient certes pas très
respectueux de ce que nous appelons, nous, les "droits de l'homme" mais au moins ils contenaient l'islamisme radical. Je ne crois pas que ces peuples aspirent à ce que nous appelons la
"démocratie"mais à un mode de vie matériellement plus nnti tel qu'il est vanté par les médias planétaires. La culture musulmane génère par nature des régimes autoritaires, depuis le cercle
familial jusqu'au niveau de l'état. Et le but suprême est l'instauration de l'islam planétaire. Il y a fort à parier que les régimes en fin de compte qui sortiront des urnes, aprsè une bouffée
d'espoir, seront pires que les précédents ou renversés à terme.  Je n'arrive pas à comprendre pourquoi notre OTAN à nous, qui nous a défendu de l'enfer communiste, a créé par la
force militaire - en Europe s'il vous plaît - 3 états islamiques (Albanie, Bosnie Herzégovine et Kosovo) dans lesquels l'étau se resserre
lentement autour des minorités non musulmanes ! Le même OTAN vient de faire vaciller la Lybie. L'Egypte n'en aura sans doute pas besoin. Les Frères musulmans sont assez puissants pour prendre le
pouvoir et le génocide des coptes a déjà commencé. A quand une intervention en Syrie qui va porter au pouvoir le Hezbollah ? Si on ajoute à cela l'islamisation lente mais inéluctable de la
Turquie ainsi que les futures majorités musulmanes de nos pays, issues d'une immigration jamais contrôlée (ou plutôt organisée par certains) et qui s'islamise, je crains que l'avenir de nos pays
dits "démocratiques", en pleine crise financière et dont les populations se mobilisent contre la fonte des glaces et la fin du foie gras, soit bien triste. Pour la liberté, les minorités (ce qui
restera de la chrétienne surtout), pour les femmes,... Petite pensée aussi pour Israël, dans le cas où un nouveau Saladin fédérateur se lèverait...