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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

Ukraine - La "révolution orange" sens dessus dessous ! (La Libre Belgique, 19 février 2010)

 

 



    Iulia Timochenko '



 

Intéressant retournement de situation, en Ukraine, où l’ancien premier ministre pro-russe, Viktor Ianoukovitch, chassé par la « révolution orange » en novembre 2004 et à nouveau candidat, est élu haut la main à la présidence de la république, avec 48,96 % des voix, contre 45,47 % à sa rivale, Ioulia Tymochenko.

 

Les citoyens ukrainiens seraient-ils à ce point inconstants, eux qui, arborant la couleur orange, l’avaient renversé au cri de « pora ! » (« il est temps ! »), en faveur de ses opposants Viktor Iouchtchenko et Ioulia Tymochenko, aujourd’hui sévèrement battus par les urnes ?

 

Ou bien les effets de la vaste machine de propagande qui fut déployée pour provoquer cette « révolution » se sont-ils estompés et les électeurs ont-ils pu à nouveau choisir librement leur président?

 

C’est que les « révolutions colorées » n’ont plus maintenant de secrets pour les observateurs avertis. Et pour tout insolites qu’ils apparaissent, les résultats des élections ukrainiennes étaient prévisibles.

 

Que ce soit en Serbie, Géorgie, Ukraine, Kirghizistan ou au Liban, ces « révolutions » ont toujours les mêmes commanditaires : les Etats-Unis, l’OTAN, l’Union européenne parfois.



    
 


Et elles procèdent toujours de la même recette : un groupuscule organisateur est mis sur pied, financé et soutenu logistiquement (ordinateurs portables, abonnements à internet, téléphones cellulaires, etc.). Formé par des instructeurs, professionnels de la révolution, sous le couvert d’ONG sensées promouvoir la démocratie et les droits de l’homme, telle la désormais célèbre Freedom House, il arbore une couleur et un slogan simple.

 

Le mouvement vise avant tout la jeunesse, aisément mobilisable, et, par un militantisme acharné, centré sur la capitale, donne l’impression que la population est majoritairement favorable au changement.

 

La « révolution » éclate à l’occasion d’une échéance électorale importante : le pouvoir est accusé de « fraudes massives » et le chef du gouvernement est accusé de tous les maux du pays ; il est seul à être diabolisé, ce qui permet à son entourage de changer de camp.

 

L’objectif est de réunir entre cent milles et deux-cent milles personnes et de donner alors une impression de révolution, que relayeront les médias nationaux et étrangers, amplifiant ainsi le phénomène. Il va sans dire que cette formule ne peut réussir que dans un contexte démocratique, puisqu’elle nécessite à la fois l’existence de médias indépendants et d’une certaine liberté d’action.

 

L’Ukraine n’a pas fait exception à la règle, convoitée par l’OTAN, qui, comme dans le cas de la Géorgie, a entrepris de la détacher de la zone d’influence de la Russie, et par l’Union européenne, qui envisage son intégration.

 

Mais le verdict des urnes semble bien avoir eu raison des velléités euro-atlantistes, en rétablissant au pouvoir une majorité pro-russe. Exit, donc, la « révolution orange ». Et ce n’est pas le recours introduit par Ioulia Tymochenko, la candidate malheureuse, qui devrait inverser cette tendance : aujourd’hui, sur la grand place de Kiev, ce sont les partisans de Viktor Ianoukovitch qui manifestent, et les drapeaux ne sont plus oranges, mais bleus, couleur de son parti.

 

A Washington comme à Bruxelles, on doit grincer des dents…



Lien(s) utile(s) : La Libre Belgique.

Coupure de presse : Ukraine 2- La Libre Belgique

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