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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ

Irak - Un procès pour Saddam... et pour ses anciens complices ? (L'Echo. Le quotidien de l'économie et de la finance, 16 décembre 2003)

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Publié le par Pierre PICCININ

Irak - Allemagne, Belgique et France contre Etats-Unis. Mais pourquoi ? (L'Echo. Le quotidien de l'économie et de la finance, 13 février 2003)

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Comment expliquer la position de la France, de l'Allemagne et de la Belgique à l'égard des volontés nord-américaines dans le dossier irakien? La fracture apparue au sein de la coalition qui avait mené la première guerre du Golfe est effectivement surprenante et prend même des proportions singulières.

Cela dit, rappelons que le gouvernement nord-américain n'a pas caché ses intentions concernant l'Irak de l'après-Saddam Hussein: plusieurs rapports émanant des départements d'Etat à l'Energie et au Commerce préconisent la privatisation des infrastructures pétrolières irakiennes, nationalisées depuis 1972, et leur rachat par des sociétés nord-américaines principalement, tandis que des sociétés britanniques recevront quelques parts du gâteau, un os à ronger étant réservé aux Russes. Par contre, il a été bien spécifié que rien ne sera accordé aux sociétés européennes (autres que britanniques). Ainsi, les sociétés allemandes et françaises seraient laissées pour compte, d'où l'opposition actuelle très virulente à une action armée, tant que cette question du partage des richesses irakiennes ne sera pas résolue. D'où, également, la proposition franco-allemande d'un plan alternatif pour le contrôle de l'Irak.

Mais il est très probable que la France et l'Allemagne négocieraient la levée de leur veto*, voire leur participation à la guerre contre l'Irak, en termes de parts dans les champs pétrolifères irakiens...

Et la Belgique, dans tout cela? Car il ne faut pas oublier que le plan franco-allemand relatif à l'Irak est bien "franco-allemand" et non "franco-germano-belge"... Il semble bien que la situation préélectorale actuelle ne soit pas étrangère à l'option choisie par les éléments décideurs du gouvernement. En effet, cela permet à certains de faire un numéro hyper-médiatisé face à une opinion publique à près de 70% défavorable à la guerre et de flatter par ailleurs la population en plaçant la Belgique sous les feux de la rampe.

Aussi, il est presque évident que, le moment venu, la Belgique suivra le revirement de la France et de l'Allemagne, un revirement qui ne saurait se faire attendre, tant la position isolationniste adoptée par ces trois Etats deviendra de plus en plus intenable au fur et à mesure que se rapproche la date de la guerre, telle que prévue par Washington, sans compter les implications relativement à la viabilité du Conseil de sécurité de l'Onu si les Etats-Unis bafouaient un veto français ou allemand*.

Cela dit, qu'espèrent l'Espagne et l'Italie en suivant sans réserve leur suzerain nord-américain?


*La France possède un droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU. Pas l'Allemagne, qui, toutefois, a été membre tournant du Conseil de Sécurité en 2003-2004.

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Publié le par Pierre PICCININ

Chili - La famille royale belge a-t-elle craint Salvador Allende ? (interview - Le Soir, 24 avril 2000)



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Publié le par Pierre PICCININ

Chili - Quand la CIA soutenait Pinochet (La Libre Belgique, 28 février 2000)




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Discours de Salvador Allende devant l'Assemblée générale des Nations Unies.

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Publié le par Pierre PICCININ

Ex-Yougoslavie - De Jérusalem à Sarajevo (Le Matin, 7 mai 1999)



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Publié le par Pierre PICCININ

Ex-Yougoslavie - L'ONU est morte ?  Vive l'OTAN ! (Vers l'Avenir, 30 avril 1999)



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Afrique - Le Congo de Laurent-Désiré Kabila (Le Matin, 8 février 1999)



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Publié le par Pierre PICCININ

Proche-Orient - Le processus de paix :  un malentendu (La Libre Belgique, 18 décembre 1998, p. 24)

Accord de Washington (13 septembre 1993)

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Publié le par Pierre PICCININ (Ecole europ. Bx I - ULB)
Afrique - Le Congo :  entre tribalisme et népotisme (La Libre Belgique, 28 août 1998, p. 5)



Durant l'année passée en République démocratique du Congo, en tant que professeur à l'Ecole à programmes belges de Lubumbashi (Katanga), je me suis étonné de l'état navrant d'un pays potentiellement si riche.
Le Congo, en effet, se dégrade un peu plus chaque année, alors qu'il pourrait bénéficier des formidables ressources que renferme, notamment, son sous-sol, en matière de cuivre, de cobalt, d'or ou de diamant.
Aussi convenait-il de tenter de comprendre les raisons du délabrement de cette vaste contrée, tentative particulièrement stimulante pour un historien.

Lorsque je suis arrivé en Afrique, j'ai pu constater l'espoir sincère qui animait l'ensemble de la société congolaise, suite à la prisse de pouvoir par Laurent-Désiré Kabila.
Un an plus tard, cette même société, désillusionnée, constate que rien n'a changé dans le pays. Et les quelques coups de pinceau qui ont mis les monuments publics aux couleurs de l'AFDL, le jaune et le bleu, ne trompent pas les Congolais, depuis longtemps blasés de recevfoir de la poudre aux yeux.
Comment ce pays, si florissant jusqu'en 1960, lorsqu'il reçut son indépendance, a-t-il été incapable de poursuivre son évolution et, au-delà d'un changement de régime que l'on pensait salutaire, de relever son économie et de rétablir la démocratie?
Les quelques réflexions qui suivent, résultat d'observations attentives du fonctionnement socio-économique du monde indigène, permettent de comprendre un peu mieux l'entrelacs de phénomènes culturels qui contingentent le sort du Congo.

Ainsi, trois facteurs déterminants doivent être mis en lumière :  une mentalité placée sous le sceau de l'autosubsistance et de la suffisance, la précarité de la réussite individuelle et, surtout, l'importance de la famille et de la tribu, de l'ethnie.

Le plus perceptible de ces facteurs, observable au quotidien, est assurément la suffisance qui anime, en général, la société congolaise :  l'avenir demeure une notion abstraite qui cède le pas au présent, en fonction duquel chaque jour est vécu.
L'organisation de la société, du travail, de l'entreprise, est dès lors grevée par cette absence de souci pour un futur plus ou moins proche.
Et, à cette donnée, s'ajoute le refus du développement, changement de l'état des choses considéré comme inutile.
Une entreprise, ainsi, est perçue comme viable non à partir du moment où elle présente un potentiel de développement et rapporte un bénéfice croissant. Elle est viable si elle suffit à la survie de ceux qui s'y consacrent, fût-ce une survie des plus modestes.
Une fois gagné de quoi se procurer le strict nécessaire, le travail peut s'arrêter, jusqu'à ce que les ressources fassent à nouveau défaut et que le besoin commande la reprise du travail.
Entretemps, cependant, l'outil a été abandonné et s'est dégradé et les clients se sont détournés d'une entreprise au rendement alléatoire.
Une entreprise saine au départ souffre de ces habitudes de vie et décroît jusqu'à la disparition.
Tout développement de l'industrie est donc rendu impossible, ainsi même que le maintien en état d'un complexe de production.

Moins directement perceptible, mais tout aussi nuisible, l'esprit de corps de la société congolaise, qui ne permet qu'au chef de surpasser le groupe.
Ainsi, en vertu du schéma tribal et de la tradition, seul le chef peut se mettre en avant et, contrairement aux sociétés occidentales, par exemple, où les individus doués sont poussés à constituer l'élite, tout individu émergeant de la masse est remis à sa place, voire physiquement éliminé.
Le génie du peuple est donc systématiquement étouffé et toute initiative vouée à l'échec.

Enfin, il convient de bien mettre en évidence le rôle prépondérant joué par la famille au sens large du terme :  chaque individu est redevable envers l'ensemble de sa famille. Et sa réussite doit rejaillir sur sa famille, même si cette dernière n'est pour rien dans cette réussite.
Ainsi, lorsqu'un paysan fait une bonne récolte, elle doit servir à nourrir tous les siens, même s'ils n'ont pas travaillé à cette récolte.
De ce fait, et en vertu du principe de suffisance évoqué plus haut, personne n'a intérêt à développer l'agriculture et à créer une exploitation d'envergure :  une telle exploitation permettrait de subvenir aux besoins de toute la famille qui, dès lors, cesserait toute forme d'activité pour se reposer sur le seul membre du clan auteur d'une telle initiative.

A une plus large échelle, ce phénomène touche l'Etat lui-même :  l'individu qui parvient à s'imposer comme le chef de l'Etat est contraint, par la tradition, de redistribuer à sa famille les biens auxquels il peur accéder par sa fonction.
Enfants, frères et cousins sont dès lors nommés aux postes importants de l'administration :  c'est le népotisme de facto.
Plus largement encore, cette règle s'applique à toute la tribu, à l'ethnie même, d'où est originaire le dirigeant politique :  les fonctions principales étant largement monopolisées par la famille, les fonctions subalternes sont distribuées aux appartenants de l'ethnie du chef.
Et, si le dirigeant tentait de briser cette règle, il serait automatiquement mis au ban des siens et saboté par eux, eux sur qui seuls il peut compter, puisqu'il est sujet à la méfiance des Congolais issus des ethnies autres que la sienne.
Qui que soit le dirigeant du Congo, il sera toujours issu d'une des ethnies du pays et ne pourra jamais gouverner qu'en s'appuyant sur son ethnie et en subissant les attaques des autres.

Les trois facteurs essentiels que nous venons d'évoquer, par leur interaction systématique, empêche l'essor du Congo.
Force est donc de constater, pour conclure, que seul un profond changement des mentalités pourra permettre au Congo de redresser une situation qui ne cesse de se déteriorer.
Par quel biais ce changement aura-t-il lieu et à quel prix?
Un tel boulversement des comportements ancrés depuis des millénaires est-il envisageable?
A l'avenir de répondre.

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