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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

 

 

souhail 

 

 

 

 

 

  Souhail CHICHAH,

    Chercheur en Economie de la Discrimination 

                            à l'Université Libre de Bruxelles

 

 

 

 

Le lundi 20 septembre 2010, se tenait à l'ULB une conférence organisée par le cercle du Libre Examen sur le thème de la liberté d'expression. Initialement annoncé en avril de l'année académique dernière, l'événement avait été censuré, ce à quoi nous avions réagi (*), pour être ensuite reprogrammé, mais après que l'intitulé et le thème en avaient été modifiés (**).

Le débat, qui était précédé de la projection du film "Est-il permis de débattre avec Dieudonné ?", du journaliste Olivier Mukuna, s'est rapidement concentré sur la difficulté de critiquer la politique sioniste de l'Etat d'Israël.

Parmi les intervenants, Souhail Chichah a sans détour dénoncé la loi du silence qui prévaut le plus souvent à ce propos. 

Il a depuis lors fait l’objet d’un réel harcèlement de la part de diverses organisations juives et a par ailleurs reçu de nombreuses menaces, y compris des menaces de mort, assorties de propos racistes.

Plus encore, le lundi 4 octobre au matin, Souhail Chichah a été attaqué au couteau au sortir de son domicile.

Il craint en outre pour son avenir professionnel à l'ULB.

Par solidarité et au nom de la liberté d’expression, nous lui offrons cette tribune.

 

 

Pétition de soutien à Souhail Chichah : Contre l'intimidation intellectuelle à l'ULB.

 

 

 

 

 

J'accuse les principales organisations dites 'communautaires juives' de Belgique que sont le CCOJB [Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique], le CCLJ [Centre communautaire laïc juif] et l'UEJB [Union des Etudiants juifs de Belgique] de terrorisme intellectuel au service de la propagande sioniste.

 

Par ailleurs, en amalgamant solidarité (légitime!) avec les Juifs et solidarité avec un Etat raciste, ségrégationniste et colonial, elles portent une écrasante responsabilité morale dans la confusion qui conduit certains à confondre antisionisme et antisémitisme.

 

 

Me faisant l’honneur de la critique de l’un de mes textes, «Supplique à mon Roi », M. Kotek, professeur à l’ULB ainsi qu’administrateur du CCLJ et directeur de publication de la revue Regards, m’accusait en mars dernier de négationnisme dans un billet d’humeur intitulé «Un indigène à géométrie variable».

 

Dans une récente carte blanche publiée dans Le Soir, c’est aujourd’hui au tour du Pr. Sosnowski, président du CCOJB et professeur à l’ULB, de m’accuser d’antisémitisme et de négationnisme, pour des propos tenus lors d’une conférence sur la liberté d’expression, organisée par le Cercle du Libre Examen de l’ULB, le 20 septembre dernier. Le Pr. Sosnowski envoya également cette carte blanche sous forme de lettre ouverte au Conseil d’Administration de l’ULB afin de lui demander une sanction.

 

Les accusations du Pr. Sosnowski se font l’écho des mêmes griefs portés par la parlementaire MR Teitelbaum, à la une sur le site du CCLJ et sur les ondes de radio Judaica, dès le lendemain de ladite conférence.

 

Actuellement, l’UEJB diffuse massivement un montage vidéo dénaturant à l’extrême ma pensée, en décontextualisant et tronquant mes interventions du 20 septembre. Cette grossière tentative de manipulation médiatique est évidente au regard de l’enregistrement intégral de mes propos. Tant cet enregistrement que la caricature qui en est faite par l’UEJB sont disponibles sur la toile.

 

A cette indigne escroquerie intellectuelle succèdent depuis des menaces de mort accompagnées d’un déferlement de haine islamophobe. Anonymes bien entendu.

 

Que me vaut cette campagne de dénigrement et d’intimidation? Pourquoi ces honorables associations ne saisissent-elles pas les tribunaux si elles pensent avérés les délits infâmes  dont elles m’accusent ?

 

En réalité, et le film de la conférence l’atteste de manière irréfutable, ce ne sont pas d’impossibles propos antisémites ou négationnistes qui cabrèrent d’indignation le Pr. Sosnowski et qui le firent bondir vers la sortie de l’hémicycle, mais bel et bien mon  inaudible et blasphématoire  « Israël est un État raciste, ségrégationniste et colonial». Mme Teitelbaum le rapportera à sa façon: « (…) il tient des propos vomitifs sur la Shoa, mais surtout il hait Israël. (…). Ils ont la haine du Sioniste, du juif sioniste, du Juif… ».

 

Ainsi donc la critique rationnelle de l'État d’Israël, réduite avec mépris à l’expression d’un affect  haineux, surpasserait dans l’ignominie le négationnisme? Ainsi donc la critique du sionisme serait-elle celle des Juifs? Que de faux raccourcis attentatoires à notre si chère liberté d’expression !

 

Ce n’est pas la première fois que le Pr. Sosnowski laisse entendre «qu’antisionisme et antisémitisme [sont] les deux faces d’une même pièce »,  pour reprendre les propres termes du président du CCOJB qui entend également « endiguer le venin de l’antisionisme ». Est-ce cette croisade contre l’antisionisme qui l’amena également à formuler des « propos malveillants et diffamatoires » contre l’UPJB, au motif qu’elle ne reconnaîtraitpas « l’existence de l’Etat d’Israël » ?

 

Ainsi donc, plutôt que de débattre de la légitimité et de la pertinence de la mise en question du régime israélien, le Pr. Sosnowski préfère mener cabale et recourir au terrorisme intellectuel afin de réprimer le débat citoyen, et ce dans le temple même du Libre Examen. Il n’hésite pas pour ce faire à instrumentaliser la mémoire des victimes du génocide juif, au service de la défense « à tout prix » d’un Etat critiqué pour son ethnocide des Palestiniens et pour son mépris patent du droit international, par une part importante et grandissante de l’opinion.

 

Belle éthique humaniste que celle qui met en concurrence la souffrance des uns et des autres. Le génocide juif, comme tous les crimes contre l’Humanité, appartient à la mémoire universelle. Il doit être remémoré dès que l’histoire bégaie, sans forcément attendre qu’elle se répète. Ce n’est pas minimiser le génocide juif, ce n’est pas le diminuer. Que la mémoire des morts participe à sauver de la mort, quel plus bel hommage peut-il être rendu aux victimes du nazisme ? C’est en ce sens que bien des consciences juives fondent leur solidarité avec les Palestiniens, au nom précisément de leurs chers exterminés par les nazis. En opposition radicale avec nombre de margoulins de l’industrie de l’Holocauste,pour emprunter à l’une des plus belles voix juives de notre époque, l’inestimable Norman Finkelstein.

 

Ceux qui, comme le président du CCOJB, recourent au terrorisme intellectuel afin de museler les débats en amalgamant  légitime solidarité communautaire et soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël, soutien « à tout prix » comme le revendique bien, selon l’UPJB, la charte du CCOJB, ceux-là portent une écrasante responsabilité morale dans la confusion dangereuse qui conduit tristement certains à confondre antisionisme et antisémitisme.

 

Rappelons ici avec force notre rejet de toutes les discriminations raciales. Qu’elles soient le fait d’antisémites ou de sionistes. Rendons également hommage à l’une des figures mythiques de l’ULB, le très regretté Marcel Liebman, en citant un extrait de son témoignage autobiographique de la condition juive sous l’occupation allemande : « Une solution des problèmes du Moyen-Orient n'est concevable que si Israël, (…), prend graduellement les mesures propres à diminuer toutes les conditions discriminatoires entre Arabes et Juifs qu'il a établies en vertu de sa nature sioniste. Une telle perspective impliquerait certes un abandon des postulats fondamentaux du sionisme. Mais si la survie de millions d'Israéliens, comme individus et comme collectivité, était à ce prix, qui donc prendrait la responsabilité de la rejeter, et même, comme cela est si souvent le cas, d'en refuser l'examen? »

 

Ces lignes furent écrites en 1977. Que de chemin parcouru depuis…à reculons!

 

 

 

Souhail CHICHAH

 

 

 

 

Vidéo de la conférence-débat du 20 septembre 2010 : La Liberté d'expression.

 

 

Voir aussi le montage réalisé par l’Union des Etudiants Juifs de Belgique : Dérive incontrôlée à l'ULB.

 

 

Lire : L'ULB accusée de pétrir la haine du Juif, Le Soir, 23 septembre 2010.

 

Droit de réponse d'Olivier MUKUNA : En finir avec l'intimidation sioniste, Le soir, 29 septembre 2010.

 

Droit de réponse de Souhail CHICHAH : Est-il antisémite de critiquer l'Etat juif?, Le Soir, 13 octobre 2010.

 

 

 

      Est il possible----9524b[1]           liberteexpression[1]

 

 

 

Bande annonce du film "Est-il permis de débattre avec Dieudonné?" (de Olivier MUKUNA) : Est-il permis de débattre avec Dieudonné (bande annonce).

 

 

* Censure, pressions ou usure? Qu'est-il en train d'arriver à l'Université Libre de Bruxelles?

 

** Lettre ouverte à Monsieur le Président du Cercle du Libre Examen (ULB)