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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

 

                             

 

 

Spectaculaires « révélations » à la une du Het Laatste Nieuws, ce mardi 6 juillet 2010 : des documents confidentiels concernant des cas de pédophilie, dont seule la Justice était sensée disposer, auraient été découverts dans les dossiers confisqués par le juge Wim De Troy lors de la perquisition du Parquet à l’Archevêché de Malines-Bruxelles.

 

Parmi ces documents, des éléments relatifs à l’effroyable affaire « Julie et Mélissa », de nombreuses photographies de l’exhumation des corps, c’est-à-dire du plus sordide s’il en est.

 

Mais, calmement et sérieusement : qu’aurait fait l’Eglise de telles photographies ? Et quand bien même : si ces documents se trouvaient effectivement dans les cartons de l’Archevêché, à l’usage de la Commission chargée des cas de pédophilie, laquelle a collaboré activement avec la Justice avant que cette dernière ne prenne l’initiative de rompre cette collaboration, quoi de particulièrement extraordinaire ?

 

Par contre, que ces « révélations » aient échoué dans les colonnes du Het Laatste Nieuws, cela apparaît moins évident, voire tout à fait étrange, a fortiori dans le cadre d’un dossier aussi sensible. Alors, qui ? Comment ? Pourquoi ?

 

Et, plus étrange encore, la manière dont cette affaire est présentée au grand public : générant le doute, ces « révélations » associent les évêques de Belgique au crime le plus ignoble et répugnant qu’ait connu le pays, comme si l’Eglise avait quelque chose à se reprocher dans l’affaire Dutroux…

 

Ces « nouvelles révélations » viennent ainsi couronner ce qui ressemble de plus en plus à une opération de démolition médiatique, déclenchée contre l’Eglise catholique il y a plusieurs mois et jusqu’à présent parfaitement huilée, suivant les habituels mécanismes, éprouvés, de toute propagande bien menée.

 

Pour commencer, une phase de préparation de l’opinion publique, par diverses accusations, ici et là, produites en cascades, sur le long terme, avec de courtes périodes d’accalmie, suivies de prodigieux rebondissements tenant le public en halène.

 

Une accélération du rythme, ensuite, autant que possible à un moment propice, les dernières fêtes de Pâques en l’occurrence.

 

Jusqu’au coup de tonnerre, enfin, qui anéantit la cible : « l’opération Eglise » (ainsi dénommée par le Parquet), la théâtrale perquisition du juge De Troy, où la presse avait été conviée bien à l’avance, « comme par hasard » en pleine conférence épiscopale, à laquelle, exceptionnellement, qui plus est, participait le nonce apostolique ; la séquestration des plus hautes autorités de l’Eglise de Belgique, tous « raflés » et mis en garde à vue comme s’il s’agissait d’une « association de malfaiteurs » ; les tombes des archevêques profanées, comme devenues indignes du moindre respect.

 

Et le coup de grâce, qui vient à la fois « justifier » les méthodes (la perquisition) et, surtout, ruiner irrémédiablement l’image de la cible auprès de l’opinion.

 

Pour cela, il faut susciter l’émotion en jouant sur des faits marquants, parfaitement connus de tous, pour créer l’unité de l’opinion, et sans appel possible (ceux qui émettraient des doutes seraient stigmatisés comme « amis » de la cible, de ce « nid de pédophiles en col romain » dans notre cas d’étude).

 

Mais, cette fois, les détracteurs de l’Eglise sont pris à leur propre jeux : désormais, pour le citoyen attentif, la volonté de nuire à l’Eglise ne fait plus aucun doute, tant l’action est maintenant évidente, cousue de fil blanc, et tant ses recettes et astuces sont énormes.

 

Le tout en effet, dans ce genre d’entreprise, est de doser avec parcimonie les ingrédients mis en œuvre et de ne pas sombrer dans la caricature, qui finit souvent pas jeter le discrédit sur toute l’opération. C’est que le vieux principe, « plus c’est gros, mieux ça passe », ne s’avère que rarement.

 

Reste donc à déterminer qui tire les ficelles et dans quel but.

 

Toutefois, hélas pour l’Eglise, le mot de Beaumarchais demeure proverbial : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».

                                               

 

Voir : Riposte catholique et La Revue Item.

 

Et aussi : Déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur l'incompatibilité entre l'appartenance à l'Eglise et à la franc-maçonnerie.