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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Wikileaks, "info" ou "intox" ? 

 

 

Wikileaks 001[1]

 

Les « révélations » du site Wikileaks, qui a publié plusieurs dizaines de milliers de correspondances diplomatiques états-uniennes, ont été des plus décevantes, car d’un commun navrant.

En effet, cette correspondance contient d’abord quelques mots malheureux de tel ou tel diplomate de second rang sur l'un ou l'autre chef d'Etat. Mais rien d’inhabituel dans ce genre d’échanges informels.

Quant au reste, la principale « nouvelle », c'est que la plupart des chefs d'Etat arabes se sont déclarés très farouchement opposés au gouvernement de Mohammad Ahmadinejad et souhaitent une intervention états-unienne. Mais c’est le cas depuis 1980 et la guerre Iran-Irak, durant laquelle tous ces Etats avaient ouvertement soutenu et financé Saddam Hussein contre la République islamique des Ayatollahs…

Cependant, si l'on n'apprend rien, la diffusion de cette correspondance n’est pas dénuée de tout intérêt : le fait de divulguer de la sorte ces déclarations permet de renforcer un peu plus la pression sur l'Iran et d’officialiser d'avantage encore son isolement au sein du monde arabo-musulman, tout en mettant les Etats arabes hostiles à Téhéran face à leurs responsabilités. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, n’a d’ailleurs pas hésité à renchérir en se réjouissant de ce que, désormais, Israël et les pays arabes sont officiellement d’accord sur le danger iranien et le moyen de le juguler.

De même, l’autre « grande info », la question de l’achat à la Corée du Nord, par l’Iran, de fusées capables d’atteindre l’Europe, survient à point nommé pour la politique étrangère des Etats-Unis, non seulement à l’égard de l’Iran, mais également précisément au moment où l’OTAN veut construire son fameux bouclier antimissile.

Ainsi, tout, pour l’essentiel de ces « révélations », ramène à l’Iran, désignée en tant que « menace pour le monde », comme l’avait été l’Irak de Saddam Hussein.

Alors, Wikileaks, « info » ou « intox » ?

 



Voir aussi :  Wikileaks : à qui profite le crime?