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Monde arabe

Monde arabe

Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Un livre sorti alors que son auteur principal avait disparu dans le pays même qui fait l’objet du livre, voilà le sort peu banal du document «Avec les combattants en Syrie» que publient les éditions La Boîte à Pandore.
L’auteur en question n’est autre que l’enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, parti au début avril pour un huitième voyage dans ce pays déchiré... (...)
Dira-t-on que le livre est à l’image de son auteur? Sans doute. À la fois humaniste et ingénu, péremptoire et sincère, Pierre Piccinin da Prata se livre à une série de mises au point (voire de règlements de compte) et à la répétition de leitmotiv sans doute bien utiles. (...)
«Aujourd’hui, je suis peut-être le seul à avoir couvert tous les terrains du Printemps arabe et à pouvoir prétendre à restituer une vision globale et concrète des événements». Il raconte ainsi comment lui, «l’observateur neutre», allait mettre à mal les «bobards et inepties» des «médias dominants absents du terrain» et dont la ligne éditoriale est «déterminée par les intérêts de ceux qui les possèdent, les principaux actionnaires»… (...)
Son témoignage sur les lieux des crimes du régime baasiste, le rappel, utile, du désarroi, du dépit, puis de la haine que l’indifférence de l’Occident face aux souffrances du peuple syrien a générés chez les rebelles. Une frustration, comme il l’explique, qui a ouvert les portes aux jihadistes. Certains de ceux-ci, qu’il a côtoyés...
              (Baudouin LOOS, Le Soir)
 
Pierre Piccinin da Prata, l'historien baroudeur, politologue, spécialiste du Monde arabo-musulman, a assisté aux événements majeurs du « Printemps arabe ». Il est aussi le seul observateur à en avoir couvert tous les terrains.
 
Il était présent à Tunis, au moment de la chute du dictateur Ben Ali. En Égypte, il a participé aux manifestations de la place Tahrir et a rencontré les Frères musulmans dans leur quartier général du Caire. En Libye, il a accompagné les rebelles de Benghazi sur les lignes de front. Il s’est aussi rendu au Yémen, lors des troubles qui ont chassé du pouvoir le président Saleh.
 
Mais c'est en Syrie, surtout, qu'il a exercé son regard critique…
 
On a beaucoup écrit sur Pierre Piccinin da Prata. Le Prix Goncourt Jonathan Littel, le journal Le Monde, des journalistes, cantonnés loin du terrain qu'ils décrivent pourtant, le prennent en grippe et l'attaquent ouvertement.
 
Lassé, il a décidé de régler ses comptes avec la presse et ses détracteurs et de raconter son périple dans sa totalité, son passage par les prisons des services secrets du régime, de révéler ce qu'il avait jusqu'à présent tu.
 
Il ne le fait pas seul. Touché par la souffrance d'un jeune étudiant syrien torturé par le régime, il l'a invité à s'exprimer avec lui. 
 
Cette fois, ce n'est donc pas "Tintin au Pays de Bachar" (Le Monde) qui s'exprime, mais le témoin unique, poignant et vrai, qui raconte la rébellion syrienne, ce qu'il a vécu et ce qu'il a vu.
 
Pierre Piccinin da Prata est aussi enseignant ; c'est avec pédagogie qu'il explique ce conflit complexe et en rend la synthèse accessible à un large public.
   
 
 
 
Avec les combattants en SyrieEXTRAIT
 
« Le jour s’étant levé, les tirs ont cessé et j’ai demandé aux rebelles si je pouvais rejoindre ma voiture : la veille au soir, je devais rencontrer le ministre syrien de l’Information ; mes hôtes et moi avions donc convenu d’un petit scénario et j’avais téléphoné au ministère pour prévenir de ma situation, expliquant que, m’étant « égaré », du fait des tirs, j’avais été accueilli par « une famille ne parlant que l’arabe », langue que je maîtrise mal encore, et qui allait m’héberger pour la nuit.
Mais comment expliquer mon absence un jour de plus, alors qu’on m’avait suggéré de rejoindre le lendemain un groupe de journalistes russes et chinois, également invités par le gouvernement et en visite à Homs ? Le point de rendez-vous était le siège du gouvernorat.
Cependant, les rebelles m’ont demandé d’attendre davantage, car mon identité et ma bonne foi n’avaient pas pu être vérifiées encore. Une douzaine d’hommes, que je n’avais pas rencontrés la veille, s’est présentée ; j’ai dû pour la énième fois leur expliquer comment j’étais arrivé là et ce que je faisais en Syrie. Ils ont à nouveau examiné mon passeport pendant un long moment.
Finalement, ils ont paru rassurés. Ils m’ont tout de même demandé de déclarer devant une caméra que j’avais été bien traité et n’avais pas été enlevé par eux, car ils craignaient que le gouvernement syrien ne m’obligeât à passer à la télévision d’État pour les accuser de m’avoir kidnappé. Après quoi ils m’ont prévenu qu’ils allaient me bander les yeux et me conduire au centre-ville. Trois d’entre eux sont montés dans ma voiture ; l’un d’eux a pris le volant ; ils m’ont conduit jusqu’à proximité de la place centrale de Homs. Nous nous sommes chaleureusement embrassés et je les ai quittés... »

Avec les combattants en Syrie, La Boîte à Pandore, 2013 - 260 p. - Info : Fiche du livre (LBàP)
   
ISBN : 978-2-87557-022-2  -  Pour acheter le livre, cliquez ici :   Place des libraires
 
 
 
 
 
 
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